26/10-2003 à 16:27SUITE ET FIN ( de l'épisode )
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Je me précipite pour extraire mon déjeuner qui doit avoir atteint la température de fusion, dans le four micro onde c'est l'Etna, le bol est presque vide, des milliers de tache de café ont habillé l'intérieur avec une peau de léopard. Il y a des moments paniques où les gestes sont plus rapides que la pensée, je vis ce moment là ! Je prends le bol à pleine main, avant de penser qu'il doit être chaud, et il l'est
Très chaud même, un réflexe naturellement conditionner par la douleur, me fait ouvrir la main, le bol explose sur le sol, en prenant soin au passage de me ratatiner l'orteil d'un pied et m'ébouillanter l'autre. Saint Urgo, saint Arnica, saint Thol, priez pour moi
Je vais finir la journée, si je la finie, en morceau.
Je quadruple "MERDE" rajoutant un "BORDEL DE MERDE" pour faire bonne mesure, un nouveau rouleau d'essuie-tout est offert en sacrifice aux dieux de la malchance. Cette fois si je le laisse debout au beau milieu de la flaque de café, son pouvoir absorbant tant de fois vanter dans la pub devrait faire le reste.
Yeux fermer, je compte jusqu'à cinquante, un esprit sain dans un corps douloureux, je suis calme, aujourd'hui il ne faut pas jouer au loto.
Je me lance dans une deuxième exploration dans la pyramide de maman, un nouveau bol ce rempli avec ce qu'il reste dans la cafetière, maman va encore ce demander comment je fait pour en descendre autant dans la journée ignorant totalement que pour une fois c'est le papier essuie-tout qui ne pourra pas dormir par l'excès de caféine.
La nouvelle mission "ptit-déj."ce déroule enfin sans encombre, nous voilà attablés tout les quatre, le bol de café, le journal, le paquet de biscotte, en moi; le train d'atterrissage en miette, un pouce en spatule l'autre coupé en travers, un orteil aplatie et l'autre cuit à point. Quand j'ai faim rien ne m'arrête, et ce n'est pas les ecchymoses de la journée qui changeront cette état de faite.
Pendant que les biscottes entament un voyage funéraire de leurs emballages jusqu'à mon estomac en prenant un bain de café au passage. Je parcours le journal d'un il distrait, je regarde les images et les gros titres, mes lunettes étant restées sur ma table de nuit les petits caractères sont des pattes de mouche; de toute manière madame Pipelette ma déjà tout appris. Je me régale de la sérénité de l'instant, après je remettrais le temple de maman état
Soudain, alors que le troisième voyage de biscotte est a peine entamé, l'escalier de l'étage ce met à appelé au secours, sous l'assaut d'un "O.C.N.I" ( Objet Courant Non Identifié ). Un machin à cheveux rouge habillé de noir, traverse le couloir vers la porte d'entrée, me lâchant au passage :
-" Soir, papounet, m'attend pas à midi, j'mange à la cafet"
Je m'empresse de répondre :
- " A ce soir, ne claque pas la ..."
Trop tard, un geste de survie s'impose. Je ferme les yeux, remonte les épaules comme pour me boucher les oreilles avec, ce qui d'un point de vue anatomique est stupide, mais rassurant. Ma fille vient de sortir avec toutes la douceur et la délicatesse qui fait son charme.
Cela ce situe à mi chemin entre le mur du son et la canon de 155 en rase campagne, les murs tremblent, les aiguilles de l'horloge mural qui caressaient les onze heures, ce désolidarisent de l'axe qui les faisaient vivre; il est 6 h 30. La biscotte n°3 ce suicide en plongeant dans le bol de café, me laissant entre les doigts un éclat difforme. Le chat qui avait tenté un timide retour vers son restaurant préféré, fait brusquement demie tour pour retourner à toute vitesse sous son bosquet préféré, remettant au passage les feuilles qu'il avait enlevées lors de sa première course. La sculpture d'art moderne de maman, vexé de ne pas participé à la fête s'effondre, toute la vaisselle ce repend sur le carrelage pour rejoindre feu le premier bol, en une mosaïque hasardeuse d'éclat de porcelaine, de verre, entremêlé de fourchette, cuillère, couteau et autre casserole.
La bouche entrouverte j'assiste au spectacle qui ce termine par une dernière assiette, virevoltant d'un bord à l'autre, venant finir son concert giratoire à mes pieds. Je profite du silence qui suit pour finir ma phrase "
Porte !
Il ne peut plus rien m'arriver ! Je mange l'éclat rougi par le sang qui s'échappe de mon pouce, renonce à boire le peu de café qu'il reste dans lequel barbote le cadavre de la dernière biscotte. Par défie ou désespoir, je me lève, monte bien haut le bol, puis je le lâche pour qu'il vienne rejoindre sa famille défunt
Une seul idée me vient en tête, tout nettoyer, vite tout nettoyer, avant que maman ne rentre. Trop tard, elle est là, dans l'entrée les yeux écarquillés et la bouche grande ouverte, comme paralysé devant cette scène d'horreur qui a ruiné SA cuisine. Pour la première fois depuis qu'elle ma annoncé qu'elle était enceinte de notre première fille.
J'ai envie de pleurer
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