UN BISOU ET ON OUBLIE TOUT

29/10-2004 à 18:24

UN BISOU ET ON OUBLIE TOUT

LUI

Pourquoi on appelle ça le cafard ? Peut-être parce que ça a tendance à
vous grignoter le bide, à grouiller dans votre flux vital. La première
définition du dico est “hypocrite”. Ca veut tout dire. Pour garder la
métaphore arthropode, j’aurais plutôt choisi la termite. Quoi qu’avoir la
termite, ça fait maladie vénérienne.

En tout cas, quel que soit l’animal, cafard ou bourdon, le résultat est le
même. On se retrouve comme un pauvre con, assis au milieu de nulle part, à
entretenir son cancer, à écouter une musique qui porte un nom parfait pour
ces occasions et à avoir le regard perdu dans ses pensées en attendant
vainement qu’un hypothétique météorite nous tombe sur le coin de la
gueule. Boire inflammable dans ces cas là est assez adéquat.

Ca doit être le contrecoup : un peu comme le secouriste qui sauve une vie
sans réfléchir et qui a une soudaine baisse de pression. C’est un peu ça,
ouais.

Je ne suis ni révolté, ni suicidaire. Dans les deux cas, de toute manière,
je ne peux ni lever le poing, ni tenir une arme : ça me chatouillerai trop
le poil que j’ai dans la main.

Positivons : je ne serais pas aussi bien couché sur le toit de ma voiture
si j’avais une mobylette, je ne respirerais pas l’air pur de ces sous-bois
si je m’étais garé près d’une usine d’équarrissage, je me serais
sévèrement plus fait chié à creuser ce trou si je n’étais pas tombé sur un
terrain aussi magnifiquement meuble, j’aurais eu plus de regrets à
utiliser ce rideau de douche s’il n’avait pas été aussi moche.
Heureusement qu’on se douche de profil avec certains de ces machins, ça
finirait par vous ôter l’envie de vous laver.

La nuit est claire. Un peu trop claire à mon goût d’ailleurs. C’est la
pleine lune. Pleine. A boire comme ça, moi aussi j’ai entamé mon dernier
quartier. J’ai la désagréable impression qu’elle me fixe. Une lune
exorbitée… Ca devrait la sortir d’une certaine routine. La routine...
Burp.

On se sclérose d’habitudes. J’en parle même pas quand on se met en ménage.


Un ménage porte tellement bien son nom par rapport au cafard. Ca sert
juste à « balayer » son sentiment d’inutilité. L’homme étant un peu plus
évolué émotionnellement que les animaux, il lui faut des compensations
psychologiques : la paye, les congés payés, la fin du paiement des traites
de la maison, le cinéma une fois par an, Canal Plus tous les premiers
samedi du mois... La richesse n’est ni plus ni moins que la capacité à
pouvoir s’offrir plus de compensations que les pauvres.
Et moi je ne suis pas riche. J’ai fini par me lasser d’entretenir un
boulet, avec en plus une libido et une conversation aussi développées que
le dit...

Je ne sais pas exactement quel maillon y manquait à sa chaîne.

Un jour, elle m’a appelé son “petit cochonnet”. J’ai éclaté de rire en
pensant à la boule de pétanque. Tu pointes ou tu tires… Je faisais bien la
première chose le matin au boulot mais le soir pour ce qui est de la
deuxième… Heureusement que j’ai la petite Ginette pour me consoler.

Fallait que ça éclate un jour. Ca a fini par être sa tête. Et hop,
direction le rideau de douche qu’elle aimait tant. Elle a de la chance
dans son malheur, excepté qu’elle n’a plus la capacité cérébrale
nécessaire pour s’en rendre compte. De toutes façons, elle ne l’a jamais
eue. En plus j’ai pas été foutu de trouver un tapis, elle les avait tous
planqués cette conne.

Cette saleté de whisky me déchire le bide. Il a un sale goût. Elle me l’a
encore foutu à côté de la chaudière. Grognasse. Je ne profiterai pas à
fond de ce moment où je l’ai mise au fond. Ah, ah... Oh…Je crois que je
vais vomir, et c’est pas les cafards...



ELLE


Je ne le supporte plus. Quand il me parle, c’est pour me donner un ordre
ou me faire faire quelque chose. Quand il me regarde, ce qui se fait de
plus en plus rare, soit il détourne les yeux en soufflant, soit il rigole.
Il croit que je ne le vois pas. Mais “Vache qui rira bien, Kiri ra le
dernier”, comme dit le fromager en bas de la rue...

Quand je pense que ça va faire neuf ans qu’on est marié… Enfin neuf ans.
C’est pas comme si on disait « ça fait neuf ans que j’ai des bras ». Ou
alors si mais avec des bras qui des fois fonctionnent plus, ou qui
tombent, et puis qui repoussent mais en forme de tire bouchon.

Je me souviens de notre rencontre. J’aurais dû me douter qu’une histoire
qui commence comme ça a de grandes chances de se casser la margoulette :
il m’a draguée pour faire enrager ma meilleure copine de l’époque. Moi je
l’aimais vraiment. Il s’est habitué avec le temps faut croire. Moi, il
s’est passé l’exact inverse.

Y’a des signes qui trompent pas. Une fois avec ses meilleurs amis, je l’ai
entendu dire qu’on était un couple qui se complétait, en ce sens que lui
il était beau, intelligent, drôle, cultivé… Et moi le reste. Et de se
marrer comme un âne.

J’ai conscience que je suis pas une flèche. J’ai pas eu la chance d’être
belle ou riche ou intelligente ou les trois. Soit. La seule chose dont je
peux me vanter, c’est de repasser très vite les chemises et faire la
meilleure tarte aux poireaux du quartier. Je me vante pas trop donc.

Heureusement que j’ai la télévision pour m’ouvrir au monde. Au moins grâce
à elle j’apprends des trucs, la première chaîne elle est bien pour ça.
J’achète des choses aussi par la télé. J’ai acheté un magnifique service à
tartes qui va faire rougir les copines de l’aquagym.

Au moins, je suis sûre d’une chose : il me trompe pas. Ca me surprend de
sa part d’ailleurs. Mais bon, ma nièce m’a assuré que mes soupçons
n’étaient pas fondés. Heureusement que je l’ai la petite Ginette pour me
consoler des fois.

Enfin ce soir, j’ai décidé de lui faire payer un peu la vie que je mène.
C’est pas compliqué : je vis quasi que pour notre couple. Ma vie est
sinistre. Je veux me venger de ma vie. Dans ce couple on est deux. Mais
moi j’aime pas avoir mal.

Il va bientôt rentrer du travail. J’ai un peu de temps devant moi, il a
dit qu’il devait acheter des outils pour "réparer un truc qui l’emmerde".
J’aime pas quand il jure. Et encore moins quand il bricole. Enfin au moins
quand il jure il fait pas de dégâts.

On est vendredi. Il veut toujours fêter l’arrivée du week-end. En général,
ça ne dépasse pas le canapé et un verre de whisky. Des fois, pour mon plus
grand déplaisir, je suis obligée de le rejoindre sur le canapé. Mais ce
soir, la fête « va tourner chasse à courre » comme dirait Bernard, son
copain de chasse. Je vais mettre de la mort aux rats dans sa piquette
écossaise et il en sera quitte pour un bon gros mal de ventre des
familles.

Je vais quand même enlever les tapis des fois qu’il se mette à vomir
partout.

Par contre, j’ai pas la moindre idée de la quantité qu’il faut mettre pour
que ce soit efficace ce machin. Ah si tiens, je sais ce que je vais faire
: je vais en mettre assez pour être sûre du résultat, jusqu’à ce que la
couleur commence à changer. Et là, hop, j’arrête.

Je sens bien qu’après ça, il m’embêtera plus avant une éternité.

(DOmOr)

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29/10-2004 à 18:26désolée pour le titre en majuscule jai fait un copié/collé et sans y penser...

UN BISOU ET ON OUBLIE TOUT
29/10-2004 à 21:05pffff ... ben c'est pas pour remonter le moral ton histoire ...

29/10-2004 à 22:30triste [;(]


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29/10-2004 à 23:35jai trouvé ça terriblement drôle. Ben oui lui je l'avais pas compris. Cest quand j'ai lu et terminé Elle que j'ai assimilé. [:D] en fait aucune tristesse la dedans je trouve, ce nest qune histoire d'amour qui finit mal [:D]

UN BISOU ET ON OUBLIE TOUT
29/10-2004 à 23:49Cela me rappelle un merveilleux poême d'Alphonse Allais qui se termine par :
...Voilà ma femme que j'ai brulée ... [:D]


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Quand le Sage lui montre la Lune, l'Imbécile regarde le Doigt


30/10-2004 à 00:03Vous êtes bien généreux, gentilhomme!
Ça me rappelle un cauchemarimageEnfin, on peut juger de l'art comme on veut, non?


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imageOn est responsable de ceux qu'on apprivoise. St-Ex


30/10-2004 à 00:23Ha l'amour et ces profondeurs insondable, qu'elle merveille


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http://spiralbol.free.fr
http://humeur.forum-actif.net/
WINBUNTU ou UBUNDOW j'ésite....


UN BISOU ET ON OUBLIE TOUT
30/10-2004 à 01:24Obé, je ne sais quoi penser de ton texte. Un drame tourné en dérision, ou un texte volontairement drôle, mais grinçant.

Quand je le lis, j'ai l'impression d'entendre un constat d'échec, auquel il manque le mea culpa, les regrets.

Je vais relire encore. Ca en vaut la peine


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Il faut bien que je supporte deux ou trois chenilles si je veux connaître les papillons (A. de Saint-Exupery) image


30/10-2004 à 01:27Euh .... ils meurent à la fin ou pas ? ...

30/10-2004 à 01:34

Euh .... ils meurent à la fin ou pas


Si j'ai bien compris, y'en a une qui fait la peau de l'autre... Sacrée Ginette !
Sur cette superbe réflexion, vais au pieu ! Bonne nuit à tous


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Quand le Sage lui montre la Lune, l'Imbécile regarde le Doigt


UN BISOU ET ON OUBLIE TOUT
30/10-2004 à 15:58Ce genre de pieu ?

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[:D]


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Il faut bien que je supporte deux ou trois chenilles si je veux connaître les papillons (A. de Saint-Exupery) image


30/10-2004 à 20:32Ben zut, alors... La blonde , c'est avec supplément ?


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Quand le Sage lui montre la Lune, l'Imbécile regarde le Doigt


30/10-2004 à 22:25

Ce genre de pieu


Whoah, seventies, l'association d'idées, ... tu parles de regrets et tu penses à vampires .... [:D]

UN BISOU ET ON OUBLIE TOUT
31/10-2004 à 01:09

Euh .... ils meurent à la fin ou pas ? ...

Ils meurent tous les deux, si j'ai bien lu !


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