28/12-2004 à 12:31<<
Le bilan du séisme en Asie pourrait dépasser les 55.000 morts
Par Simon Gardner
COLOMBO (Reuters) - De l'Indonésie au Sri Lanka, les pays de l'océan Indien s'employaient mardi à rassembler et enterrer leurs morts ainsi qu'à faire parvenir des secours aux survivants d'une série de tsunamis dont le bilan final devrait largement dépasser les 26.000 morts déjà signalés.
Tandis que l'aide internationale se mettait en place, des corps jonchaient des rues et des plages de la région deux jours après le séisme le plus dévastateur depuis 40 ans. Enregistré dimanche matin sous les fonds marins au nord de Sumatra, il a été suivi de vagues qui atteignaient parfois dix mètres de haut.
Les Nations unies ont fait savoir qu'une centaine d'avions chargés de secours d'urgence gagneraient la région dans les 48 heures à partir d'une vingtaine de pays. Mais l'étendue de la catastrophe de dimanche reste à préciser et des responsables jugent possible un bilan global supérieur à 55.000 morts.
Des responsables de l'Indonésie, du Sri Lanka et de l'Inde ont souligné que des milliers de personnes portées disparues avaient peut-être péri.
"Je suis fatigué. Je cherche mon père, s'il vous plaît, aidez-moi", gémissait Maimori, 22 ans, sur un marché de la périphérie de Banda Aceh (Indonésie). Elle était sans nouvelles de son père, marchand de poissons, depuis dimanche.
"Le coût de la dévastation atteindra des milliards de dollars", a déclaré Jan Egeland, chef du bureau de l'Onu pour la coordination des affaires humanitaires.
"Cependant, nous ne pouvons pas mesurer le coût que cela représente pour ces sociétés pauvres, les pêcheurs anonymes et les villages (...) qui ont été balayés. Des centaines de milliers de moyens d'existence ont disparu."
L'INDONESIE ENVISAGE JUSQU'A 25.000 MORTS
Des centaines de touristes occidentaux ont trouvé la mort sur les plages du Sri Lanka et de la Thaïlande, des villages de pêcheurs ont été pulvérisés, des maisons détruites, l'eau et l'électricité coupées. La secousse sous-marine de dimanche matin accusait 9 degrés de magnitude sur l'échelle ouverte de Richter.
Le Sri Lanka semble payer provisoirement le plus lourd tribut - plus de 10.500 morts - avec l'Inde (environ 9.400 morts) et l'Indonésie qui en a signalé environ 5.000 mais en prévoit beaucoup plus. Un millier de personnes ont été tuées en Thaïlande dont 800 touristes étrangers.
Mais les tsunamis ont fait des victimes jusqu'en Somalie, à plus de 6.000 kilomètres de l'épicentre.
Le vice-président indonésien Jusuf Kalla a jugé possible que le bilan atteigne 25.000 morts et 100.000 blessés dans l'archipel, rapporte mardi l'agence nationale Antara. Des responsables sri-lankais n'excluent pas que leur bilan national s'élève à 20.000 morts.
La police indienne a fait état de 3.000 morts confirmés et de 2.000 autres personnes présumées tuées sur les lointaines îles d'Andaman et de Nicobar, près de l'épicentre du séisme. Des responsables ont noté que l'on était sans contact avec de nombreuses parties de ces chapelets d'îles.
Des milliers de touristes venus dans la région pour les vacances de fin d'année ont été pris dans la catastrophe du week-end. Parmi les morts figurent au moins 13 Norvégiens, 12 Britanniques, onze Italiens, dix Suédois, neuf Japonais, huit Américains, six Français, quatre Allemands et deux Belges.
Un millier de corps, dont beaucoup sont sans doute ceux de touristes étrangers, ont été repérés sur la plage de Khao Lak, au nord de l'île thaïlandaise de Phuket, a déclaré un ministre après avoir survolé la région. Selon lui, le bilan pourrait dépasser les 2.000 morts en Thaïlande. Le groupe hôtelier Accor était lundi soir "sans nouvelle de plusieurs centaines de personnes", clients et employés du Sofitel de Khao Lak.
RISQUES SANITAIRES
Au Sri Lanka, 1,5 million de personnes - 7,5% de la population - ont perdu leurs foyers et sont souvent réfugiés dans des temples bouddhistes ou des écoles.
Une cellule de crise a été ouverte à l'ambassade de France à Colombo et une antenne consulaire doit être mise en place dans le sud de l'île. Des avions transportant secouristes et fournitures humanitaires ont quitté la France pour le Sri Lanka et le ministre des Affaires étrangères Michel Barnier se rend dans ce pays ainsi qu'en Thaïlande.
Dans l'ensemble de la région, des sans-abri redoutant une autre vague meurtrière se sont réfugiés dans des édifices publics, des écoles et sur des terrains surélevés. On signalait un cruel manque d'eau et de fournitures.
Les services météorologiques de l'Inde ont averti que d'autres vagues hautes étaient à craindre dans les deux jours à venir et ont exhorté les habitants à s'éloigner des côtes.
Ceux qui ne recherchaient pas des survivants s'empressaient d'enterrer les morts, souvent dans des fosses communes, dans les différents pays de la région. A Cuddalore (Inde), on utilisait de vieux modèles de houes pour creuser des fosses.
"Nous devons avoir creusé sept ou huit fosses et enterré de 25 à 35 corps dans chacune d'elles", a dit un fossoyeur, Shekhar. "Nous les avons alignés sur deux rangs et les avons inhumés. Je n'en ai jamais enterré autant de toute ma vie."
Les grandes agences de secours ont mis en garde contre les risques d'infections liés à la contamination de l'eau par des cadavres. Face aux équipements détruits, aux coupures de courant et aux routes inondées ou bloquées, les secouristes sont choqués par l'ampleur de la catastrophe.
"Nous avons l'habitude de gérer des sinistres dans un pays. Mais je pense qu'un tel phénomène, étendu sur autant de pays et d'îles, est sans précédent", a déclaré Yvette Stevens, responsable des services de secours d'urgence de l'Onu à Genève.>>
http://fr.news.yahoo.com/041228/85/4750x.html
----------
Guillemette
Modératrice de http://www.transurb.net/ + de http://www.memoclic.com/
sites sympas : http://cheznous.mesdiscussions.net
http://meskesrv.net/forum/index.php