pirates, pas pirates ?

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15/10-2005 à 02:09

certains jugent même que le téléchargement est une bonne chose pour eux pour se faire connaître et comme dans le tas certains achèteront toujours les oeuvre, de l'argent rentrera toujours dans les caisses.


argument auquel répond fort bien Bellamy dans le texte auquel je renvoie en ouverture de post.
Statistiquement, le téléchargement n'aide à connaître personne : les seuls qui peuvent y trouver un intérêt sont des auteurs auto-produits ou marginaux qui décident EUX-MEMES d'utiliser ce medium pour se faire connaître. Mais ce sont EUX, en tant qu'AUTEURS (et donc en tant que PROPRIETAIRES de leur oeuvre qui sont LIBRES d'en faire ce qu'ils veulent : y compris de la distribuer gratuitement.
En revanche, décider de son propre chef de mettre à disposition POUR LES AUTRES des oeuvres qui ne sont pas les siennes, inutile de se perdre en circonlocution (par chez moi, on dit : "inutile de tortiller du cul pour chier droit", pardon pour les bonnes âmes et les bouches en cul de poule, mais l'argument commence à me saouler grave), c'est du DETOURNEMENT de PROPRIETE et ceux qui, de l'autre côté, téléchargent lesdits produits sont des VOLEURS, il n'y a pas d'autre mot.
Or, l'immense majorité des oeuvres (musique, films, clips, et maintenant livres, photos et BD scannés et je ne parle pas, premiers dans l'historique, des logiciels en shareware), disponibles en p2p ne sont le fait ni des auteurs, ni de leurs ayants-droits (producteurs ou éditeurs).

Imaginez que j'aille dévaliser la boutique d'un artisan ou d'un commerçant (ou l'atelier d'un peintre, ou l'usine d'un industriel, ou le verger d'un paysan, peu importe), puis que je distribue gratuitement sa marchandise, en prétextant que je ne lui fais pas de tort, bien au contraire, je lui fais de la pub, et grâce à moi, il va voir affluer la clientèle...
Vous me ririez au nez, non ?
(Et si vous étiez ledit commerçant, vous ne ririez pas du tout).

Je ne fait pas l'apologie du piratage mais beaucoup d'artistes que j'aime j'ai pu les connaitre de cette façon en les téléchargeant et en achetant le support "officiel" par la suite.


Et avant Internet tu (vous/on) faisait comment ? Tous les artistes étaient-ils donc pour autant inconnus ? Comment se fait-il qu'on vendait pourtant des disques (et des livres) et qu'on allait au cinéma ?
Comment se fait-il en outre que (paradoxalement) depuis Internet et surtout l'explosion du p2p, on vende MOINS de livres, de disques, on va moins au cinéma...


Second argument (statistique) contre le prétendu effet d'aubaine de cette promotion que n'ONT PAS DEMANDE LA MAJORITE DES ARTISTES, TOUS MEDIAS CONFONDUS.


quand le cd est apparu il se vendait beaucoup plus cher que les cassettes, idem pour la vidéo alors que les supports etaient moins chers et moins complèxes à fabriquer, vous trouvez ça normal ?


là encore, argument fallacieux et idée largement reçue :
En valeur constante (par rapport au niveau de vie), le CD (même au prix actuel) ou le DVD est 2 à 3 fois moins cher que l'équivalent il y a 30 ans (vinyl ou vidéocassette, pour une qualité, une longueur d'enregistremet et une durée de vie bien supérieurs...
En outre, il est faux de dire (autre idée reçue) qu'une cassette ou une bande vidéo est plus facile et moins chère à fabriquer...
Un CD ou un DVD se grave avec un matériel disponible partout (la preuve, sur tous les ordinateurs...) et surtout, à l'échelon industriel, ils sont fabriqués par pressage (comme les vinyles), une technique industrielle peu coûteuse, très rapide et parfaitement maîtrisée. Alors que bandes et cassettes exigent une technologie complexe (quantité de matériaux entrent en jeu dans la fabrication, l'automatisation est coûteuse - songer au nombre de pièces : deux coquilles, deux fenêtres, deux bobines, deux galets presseurs (au minimum), un ressort, un presseur en caoutchouc ou en fibre, des picots, des vis, les noyaux de blocage, les amorces, et bien sûr la bande magnétique... le tout ne pouvant être enregistré qu'à l'UNITE (même si c'est par batterie de 40 et même si c'est à haute vitesse (maximum 8 fois, et déjà à cette vitesse, les copies obtenues sont médiocres, on ne presse pas une bande magnétique, on la copie...).
Bon, j'arrête là cette longue parenthèse technique.

Mais l'argument massue (celui qui revient le plus souvent chez les bonnes âmes déculpabilisées) qui me révolte le plus est le
sempiternel :
"je télécharge et je recopie gratis parce que tout ce que vous avez à m'offrir, c'est de la daube..."
Sans vouloir reprendre ma parabole du fromager (qui décidément me plaît bien), je dirai que ceux qui professent cet argument non seulement se trompent de cible (en ne lésant in fine NI la StarAc, ni André Rieu, ni Céline Dion, ni *** (mettre ici le producteur de soupe aseptisée de votre choix) mais bien ces fameux "vrais" auteurs chanteurs, musiciens, compositeurs, cinéastes, et vidéastes dont tout le monde se gargarise : soit on pique leurs oeuvres (s'ils ont la chance d'être diffusés en p2p, ce qui n'est pas si évident...) et l'on en reste là, donc pour eux, bénéfice = 0 (encore une fois : une minorité vont se précipiter pour l'acheter en librairie, à la Fnac ou ailleurs, puisque le discours majoritaire (et qui tourne en rond) reste : ils nous volent, les majors (ou les éditeurs, ou les libraires, ou les sociétés d'auteur) s'en mettent plein les poches, c'est trop cher, on n'en veut pas)..., soit ils restent méconnus (puisque la majorité de ce qui est dispo en p2p n'est formé ni de musique underground, ni de poésie, ni de cinéma d'auteur...) et donc là aussi, pour la vraie création, bénéfice = 0.

Le plus gros problème (et la conclusion) de tout ça, est qu'avec cette politique de l'autruche égoïste, on assiste en effet à un appauvrissement croissant de la création dans tous les domaines (musical, littéraire, cinématographique)... pour une raison toute simple : avec votre manie de tout vouloir tout gratis et donc de ne pas reconnaître que l'artiste est un créateur comme un autre dans la société et qu'il mérite de vivre de sa production, tout autant qu'un maraîcher, un fabricant de casseroles ou de mobylettes,
(et quel autre moyen pour cela que de le rémunérer ?) vous finirez pas ne plus avoir d'artistes du tout...

Déjà en musique, on assiste à l'inquiétant phénomène du recyclage ad nauseam des oeuvres existantes : je ne parle pas que de la manie des compils, des reprises et des anthologies, mais de cette technique pernicieuse du sampling utilisée par le rap, la techno et quantité de musiques (?) à la mode qui ayant institutionnalisé le pillage pour l'élever au rang d'un art font qu'on n'aura bientôt plus besoin de compositeurs, d'arrangeurs, d'orchestres et de musiciens...

La dématérialisation progressive de toutes les formes d'art (livre électronique, musique samplée, photos et oeuvres graphiques scannées) font qu'il est de plus en plus difficile d'assurer un lien tangible entre le créateur et le devenir (et l'exploitation) de son oeuvre.
C'est un problème important, essentiel (pas seulement pour le gagne-pain des auteurs mais peut-être tout bêtement pour la survie de la culture en général) et ce n'est pas en prônant une économie du pillage systématisé qu'on le résoudra, bien au contraire.

On a assisté à une crise analogue avec l'invention de l'imprimerie et il a fallu attendre près de QUATRE siècles (entre Gutenberg et Beaumarchais) pour que soit abordé le problème du droit d'auteur et de la propriété intellectuelle dans le domaine du livre ou du théâtre.
Pour les arts graphiques (peinture, dessin), le problème était différent : les faux (même sortis d'ateliers en quantité quasi industrielle) n'ont jamais représenté une proportion aussi grande (pour quantité de raisons qu'il serait trop long d'exposer ici) et l'avènement de la photographie n'y a rien changé : personne ne confond une photo de la Joconde avec le vrai tableau, qui de plus est unique.
Le problème du piratage est revenu en force avec les systèmes de reproduction mécanique (disque, film...) et surtout l'avènement d'oeuvres dédiées à ces nouveaux médias (chanson, cinéma...).

Il faut espérer qu'il nous faudra moins de quatre siècles pour résoudre ce problème de dématérialisation du droit d'auteur assorti à la dématérialisation de l'oeuvre, parce que sinon, il faudra bien moins de temps pour que le problème ne se pose plus. Il n'y aura plus d'auteurs du tout.



15/10-2005 à 09:00tout a fait daccord avec toi JO

mais j'ajouterais un tout petit bémol, qui na rien a voir avec ton argumentation.

c'est sur le chiffrage de la perte du au piratage, certe ce n'est pas facile de faire la part de chose, mais lorsque j'utilise un produit piraté comme OFFICE par exemple, dire que c'est un manque a gagner pour MICROSOFT est faux, pour la bonne raison que ce je n'avais pas cette version pirate, je ne l'utiliserais pas, vu que je ne l'acherais pas.donc MICROSOFT n'en n'aurrait pas plus, et je ferais de la pub pour OPEN OFFICE.


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http://spiralbol.free.fr
http://humeur.forum-actif.net/
WINBUNTU ou UBUNDOW j'ésite....


pirates, pas pirates ?
15/10-2005 à 12:18

Comment se fait-il en outre que (paradoxalement) depuis Internet et surtout l'explosion du p2p, on vende MOINS de livres, de disques, on va moins au cinéma...


La aussi arrive un autre problème, et le piratage est loin d'en faire partie :
Depuis 20 ans les loisirs ont changés, donne à un jeune 10 € d'argent de poche par semaine, une fois payé le téléphone portable, son alcool qui deviens de plus en plus cher en meme temps que les cigarettes, et les dixaines de loisirs annexes qui n'existaient pas il y a 20 ans qui peuvent se greffer dessus, il ne reste plus grand chose pour acheter un disque.


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15/10-2005 à 13:16Je lis pas tout avec la livebox j'ai juste le temps de poster et suis déconnectée)

Il y a artiste et artiste ?

je pense qu'il y a une partie de cette population qui ne sera jamais piratée : celle qui ne demande pas à être connue/diffusée commercialement. Mais qui vit quand même de son art.

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L'autre partie perd quoi ?

Ceux qui pirates n'achèteraient pas de toute façon. Ce qu'on reproche au pirate c'est bien de profiter gratuitement. Mais il n'achèterait pas parce qu'il n'a pas les moyens en première raison.

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Le pourquoi du manque à gagner il faut le chercher dans l'économie "sociale". Peut_être.




15/10-2005 à 13:33Comme tu décris la situation, Johannis, c'est le serpent qui mord sa queue. On pirate parce que la majorité, c'est de la daube, et c'est de la daube parce qu'on pirate.

Pas convaincu par le second argument. 90 % de ce qui circule sur le P2P, c'est du bruit qui rapporte gros (aux producteurs). Mais il est vrai, pour les 10 % restant, c'est du vol manifeste, qui abaisse la qualité de la production en général. Peu de producteurs propre (dirons-nous [:D] ) osent se lancer avec un interprète inconnu. S'il reste inconnu, c'est perdu, et s'il est valable, il se retrouve sur le P2P [°)]

Encore 2 bémols (pour rimer avec Spiralbol) :
- l'enregistrement de films passés à la TV est théoriquement interdit. Pourquoi ?
- la remasterisation de tous les vinyls anciens est un travail relativement peu coûteux pour le producteur. Si je transfère mes vinyls vers tout support digital, j'ai une qualité médiocre. Si j'achète le CD, j'ai l'impression de payer deux fois les droits d'auteurs.


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Il faut bien que je supporte deux ou trois chenilles si je veux connaître les papillons (A. de Saint-Exupery) image


pirates, pas pirates ?
15/10-2005 à 17:56Toutes ces réponses bottent toujours en touche, en faisant retomber la responsabilité sur "les autres" (en gros, le système, les majors, la technique, la télé, l'Etat, l'évolution de la société...)

Au risque de radoter, remplacez "oeuvre piratée ou téléchargée" par "baguette", "kilo de tomates" ou "litre de gazole"... et dites-moi si vos divers raisonnements continuent à tenir debout.
Si oui, je vous engage vivement à être logiques avec vous-mêmes et donc :
dévaliser votre boulanger, votre épicier et votre pompiste.

Depuis 20 ans les loisirs ont changé, donne à un jeune 10 € d'argent de poche par semaine, une fois payé le téléphone portable, son alcool qui deviens de plus en plus cher en meme temps que les cigarettes, et les dixaines de loisirs annexes qui n'existaient pas il y a 20 ans qui peuvent se greffer dessus, il ne reste plus grand chose pour acheter un disque.


Donc, si on suit ton raisonnement, il faut qu'il le vole, puisqu'il n'a pas d'argent pour le payer ?...
Mais est-ce que vous arrivez à vous rendre compte de ce que vous racontez, là, à peu près tous ???????

produit piraté comme OFFICE par exemple, dire que c'est un manque a gagner pour MICROSOFT est faux, pour la bonne raison que ce je n'avais pas cette version pirate, je ne l'utiliserais pas, vu que je ne l'acherais pas.donc MICROSOFT n'en n'aurait pas plus, et je ferais de la pub pour OPEN OFFICE.


là aussi, je renvoie à la parabole du fromager... sauf que là, tu voles la grande surface (et en plus tu viendras râler parce que ta version piratée d'Office ou ne marche pas, ou marche mal, ou ne te satisfait pas d'une manière ou de l'autre. Dans ce cas, pourquoi l'avoir piratée ? Par désir de vengeance idéologique pour ainsi ruiner Microsoft ? Même pas, puisque tu le dis toi-même, tu ne l'aurais pas acheté...
Là aussi, raisonnement qui ne tient pas debout : je ne lèse pas celui que je vole puisque si je ne l'avais pas volé, je ne lui aurais pas acheté.
On peut aller très loin, là aussi : il est très facile de généraliser.
Tiens, je vais aller me faire une bijouterie de la place Vendôme : je ne lèse pas Boucheron ou Van Cleef, puisque, de toute manière, je n'aurais pas eu les moyens de me payer ce que je leur pique. Donc, ils n'y perdent rien.
Joli sophisme.


L'autre partie perd quoi ?

Ceux qui pirates n'achèteraient pas de toute façon. Ce qu'on reproche au pirate c'est bien de profiter gratuitement. Mais il n'achèterait pas parce qu'il n'a pas les moyens en première raison.



Ben voyons. Patou, Mathilda, même combat :
je ferai également un détour par chez toi après avoir braqué la maison de Patou... J'ai envie de profiter gratuitement de ce que tu as (et qu'éventuellement je n'aurais pas et que je n'aurais pas les moyens de me payer : je ne l'aurais pas acheté de toute façon. Donc où est le vol ?
Ah... toi, tu y perds quelque chose ?
Eh bien nous y voilà : parce que là, soudain, c'est ta petite personne bien personnelle à toi qui est concernée pas un vague "les autres, le système, le social, la société, les majors, les gros, les riches, les producteurs, les ci, les ça..."

Arrêtez une bonne fois pour toutes de vous faire juges et parties et de décider POUR LES AUTRES de ce qu'on est en droit de leur... voler ou non.

Mais il est vrai, pour les 10 % restant, c'est du vol manifeste, qui abaisse la qualité de la production en général.



Argument du genre :
il est vrai que la délinquance et le trafic augmentent, mais enfin, pour les non-délinquants et non-trafiquants qui restent, la vie est de plus en plus dure... Donc, il est assez normal qu'ils tombent dans la délinquance et le trafic.
Tiens, c'est curieux, depuis la dernière fois que j'ai tenu ce raisonnement les chiffres ont encore augmenté...



c'est le serpent qui mord sa queue. On pirate parce que la majorité, c'est de la daube, et c'est de la daube parce qu'on pirate


Non, ça s'appelle un rétroaction positive (quand on cause scientifique), un cercle vicieux (quand on cause comme tout le monde).
Le système s'auto-entretient.
Et ce qui s'auto-entretient, c'est effectivement la baisse de qualité progressive et la disparition programmée de toute forme d'art, de créativité et à plus longue échéance de créativité intellectuelle et technologique ou d'innovation...
Pirater Microsoft sous prétexte qu'il gagne déjà trop et sort des daubes, cela n'appauvrit pas Microsoft, puisqu'il fera retomber indirectement ces pertes sur le prix de ses logiciels (de plus en plus chers), sur leur fonctionnement (de plus en plus aléatoire et lourd à cause justement des sempiternelles failles de protection à réparer), et sur leur conception (de moins en moins bonne, puisque l'on est entré dans un cercle vicieux ou de toute manière, il n'y a plus de prime à la qualité d'un produit) : on finit par voler des trucs nuls ou qu'on n'aime pas, ou qu'on va critiquer parce qu'ils sont mal fichus...

Et bien entendu, dans cette optique (pour rester dans le domaine du logiciel), on ne va pas pour autant payer les sharewares... (mais on va se décarcasser pour les contourner ou trouver un moyen de prolonger ad infinitum leur utilisation...), c'est vrai qu'une mauvaise habitude est si vite prise...


Peu de producteurs propre (dirons-nous ) osent se lancer avec un interprète inconnu. S'il reste inconnu, c'est perdu, et s'il est valable, il se retrouve sur le P2P



Et donc, comme je le disais, opération blanche pour lui : inconnu, il ne gagne pas sa vie. Placé sur le p2p, non plus. (je suppose que lorsque tu dis "interprète", tu veux dire auteur ou compositeur, le "pur" interprète, genre Mireille Mathieu pour citer la plus connue, ne touche pas de droits d'auteur...)

Le pourquoi du manque à gagner il faut le chercher dans l'économie "sociale". Peut_être.



Non. Il faut tout simplement le chercher dans ce paradigme simple :
c'est le créateur (qu'il soit auteur, ayant-droit, producteur... ça, c'est notre cuisine interne entre nous, laissez-nous nous démerder NOUS-MÊMES avec notre propre chaîne de production/distribution) qui DECIDE pas le "client" ou le "consommateur".
Je n'ai rien contre un artiste (ou un producteur) qui décident DE LEUR PROPRE CHEF de mettre en ligne, distribuer gratis, compiler, diffuser, par tous les moyens qui leur chantent, leurs créations, mais faites-nous la grâce d'en décider NOUS-MÊMES (*) et pas à NOTRE PLACE, en vous prenant tous pour des Robin des Bois justiciers vengeurs et réparateurs de torts.
A moins bien sûr que vous soyez tous devenus de fervents révolutionnaires libertaires ("la propriété c'est le vol") ou des adeptes convaincus de l'"impôt révolutionnaire"...

_________

(*) Pour mettre les points sur les I, j'ai pendant une dizaine d'années, été secrétaire, puis vice-président du syndicat des écrivains de langue française, j'ai appartenu à l'association des traducteurs et j'ai été plusieurs années membre du conseil permanent des écrivains et délégué auprès de plusieurs instances paritaires (commissions diverses, sécurité sociale (AGESSA), retraite complémentaire, etc.
Alors les débats sur le droit d'auteur, la propriété littéraire, les problèmes de droits dérivés, de copyright, de droits à l'étranger, de protection et de diffusion, je pense assez bien les connaître.
Mais on en débattait avec les instances compétentes : Editeurs, diffuseurs, libraires, journaux, presse radio-télé, cinéma (pour les droits dérivés), Yrssaf, Etat, caisses complémentaires (pour les droits sociaux et la fiscalité), bibliothèques, Education nationale et universités (pour les problèmes de droits sur les prêts et la pratique grandissante du "photocopillage"...) et si l'on demandait leur avis aux "usagers" (lecteurs, auditeurs, spectateurs...), on ne leur demandait pas de décider à notre place de ce qui semblait (dans leur optique et avec leur méconnaissance totale des rouages de la profession) la meilleure façon d'organiser celle-ci, des pourcentages de répartition des droits ou même de leur gratuité ou leur disparition pure et simple...

Le problème de la copie et du piratage n'est certes pas nouveau, il a simplement centuplé en échelle et surtout... ces pratiques sont devenues normales et, manifestement, ne semblent plus poser le moindre problème moral à ceux qui les adoptent. C'est là le grand virage. Et le plus dangereux, car il n'est pas qu'économique.

J'admets qu'un voleur "fasse son métier" (que ce soit braquer des banques ou pirater des logiciels), mais de grâce, qu'il ne le justifie pas par des arguments moraux, sociaux ou politiques...

15/10-2005 à 18:43C'est pas tout à fait pareil acheter un produit de première nécessité. Ceux qui n'ont pas d'argent pour le nécessaire oui vont peut être voler. Sinon il reste les restaus du coeur quand même avant de passer au braquage.

Je pense qu'il ne faut pas tout mélanger.

Le piratage c'est passer outre. Ne pas attendre une permission. C'est pas bien mais je ne pense pas que ce soit LA cause de moins de gains pour les uns.

Comme pour tout et tous, il y a eu période d'abondance "un renouveau" en quelque sorte, et c'est fini.

Justement quand tu dis :

Toutes ces réponses bottent toujours en touche, en faisant retomber la responsabilité sur "les autres"

Tu veux couper court donc à toute argumentation qui ne te convient pas. Mais en faisant ce procès, tes arguments à toi aussi sont "les autres".

Tu fais une erreur de raisonnement encore. Patou reconnait pirater, j'annonce que je ne pirate pas (et quoi pirater, non mais franchement ! ?).

Tu dis que la politique ne doit pas être mise en cause. A toutes les étapes dans cette histoire il en est question : juridique, socio-économique et... financier... et cial.










15/10-2005 à 18:47En fait, par exemple, le dessinateur de BD devra se contenter de vivre sur la vente de 3 millions de BD au lieu des 6 millions espérés pour cause d'économie en baisse.

Et si c'est moins et bien c'est qu'il manque de talent.


pirates, pas pirates ?
15/10-2005 à 18:55

chacun prenne clairement position


c'est ce que tu voulais et on l'a fait,c'est bon maintenant,on bien a bien compris qu'on etait des voleurs et tu n'as pas besoin d'en coller des lignes et des lignes,t'as donne ta position nous aussi,lache nous un peu [:oZ] et j'espere que j'ai pique le smileys a quelqu'un,merde alors


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15/10-2005 à 18:56Ou peut être encore devrait-il revoir ces prix à la baisse !


Johannis, tu dis :

il faut qu'il le vole, puisqu'il n'a pas d'argent pour le payer ?...

Pas du tout. Simplement il n'achètera pas une "oeuvre" qu'il n'à pas les moyens (les sous) ; il n'est plus un client potentiel puisqu'il n'a pas d'argent pour "consommer". C'est pas compliqué quand même à comprendre.

Le seul moment où je te rejoints c'est effectivement qu'il faut constater hélas que cette petite malhonnêteté se démocratise et est acceptée comme normale.

Ceci dit si le piratage stoppait (d'ailleurs ça viendra naturellement je pense quand la mode se ra passée) tu pourrais enfin remarquer
que ça ne change rien au problème des revenus des artistes.


15/10-2005 à 18:59lire : qu'il n'à pas les moyens de s'offrir.

pirates, pas pirates ?
15/10-2005 à 19:08Tu peux venir chez moi Johannis ya rien à prendre ! tout est joli (ça me plaît) mais absolument rien dans le luxe [:D] je préfère la simplicité. Bien sûr tu peux toujours tagger les murs ou casser le carrelage... [:oZ] [:D]


15/10-2005 à 19:39

que ça ne change rien au problème des revenus des artistes


mais si. Ca change tout. Et encore une fois, vous vous érigez en juges pour décider à la place des autres.


Pas du tout. Simplement il n'achètera pas une "oeuvre" qu'il n'à pas les moyens (les sous) ; il n'est plus un client potentiel puisqu'il n'a pas d'argent pour "consommer". C'est pas compliqué quand même à comprendre.



ce qui n'est pas compliqué à comprendre, c'est qu'il n'y a pas de DIFFERENCE de fond entre une "oeuvre" (j'ai noté les guillemets) et un "produit" (moi aussi, je mets des guillemets.

L'un comme l'autre ont au début de leur chaîne un créateur/inventeur/producteur (que ce soit une oeuvre intellectuelle ou matérielle, un tableau, un kilo d'oignon, un livre ou une mobylette.
Qui méritent (tout autant que tout autre) une rétribution pour leur travail.

Le fait que certains jugent cela (l'art, la musique, les livres...) comme superflu, c'est un choix que je respecte. Mais dans ce cas, il est permis de demander à ceux qui le professent de ne pas (en plus !) venir le voler.

t'as donne ta position nous aussi,lâche nous un peu



Oh, mais non. Détrompe-toi. Je ne lâcherai pas le morceau. J'essaierai juste d'être plus bref, de ne pas m'énerver et de défendre mes arguments point à point.
Pour l'instant, j'ai surtout entendu des réactions épidermiques, des a priori ou des erreurs dues à une méconnaissance manifeste des enjeux et du dossier.

Juste une dernière remarque qui m'attriste profondément :

Comme pour tout et tous, il y a eu période d'abondance "un renouveau" en quelque sorte, et c'est fini.



Bref, on baisse les bras, vive la médiocrité crasse qu'on a instaurée et dans laquelle on se vautre avec une acerbe délectation. Petits plaisirs pour petites gens égoïstes...

"Quand j'entends le mot culture, je sors mon caddie (ou mon modem) et je le remplis de tout ce qui passe". Ensuite, je jette parce que finalement, je trouve ça de plus en plus moche.

Vous voyez bien que le "produit culturel" est analogue au "produit tout court" : à force de vouloir manger du caviar au prix des oeufs de lump et de la dinde au prix du poulet, on n'a plus ni les uns ni les autres, mais des sous-merdes de supermarché.
Et les consommateurs ne râlent même plus parce que c'est pas bon, ils râlent parce qu'en plus, ce n'est même pas gratuit...

15/10-2005 à 19:58Je pense qu'une partie de ce pb est aussi que les artistes les plus connu et donc les plus piraté ainsi que les grosses maisons de production affichent un luxe insolent alors que d'un autre coté des gens meurent de faim .
De plus " copier " un morceau de musique ou un film , c'est immateriel , le propriétaire l'a toujours par contre voler un pain chez le boulanger c'est physique et le boulanger ne l'a plus son pain , ça n'excuse rien mais il y a une taxe pour les droits d'auteurs sur chaque support vendu qu'ils soient utilisés pour du copiage d'oeuvre protégées ou pour des données perso alors ou est le vol pour finir ????


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pirates, pas pirates ?
15/10-2005 à 20:40Pas du tout Jo, personne ne se complait dans la médiocrité ! mais plutot que d'en vouloir toujours plus, trop facilement, on faisant des études d'impact de marchés, ces gens qui crient haro sur le baudet n'ont qu'a faire plus pour s'en sortir. En restant honnête bien sûr.

Je vais te dire à une période je n'avais pas les moyens de m'offrir mon parfum préféré ! crois tu que je l'aurais volé ! et comment ? c'est toujours vendu en boutique spécialisée.(1)

Et bien les auteurs n'on qu'a faire des spots dans les librairies et les peintres dans les galeries.

L'argent rentrera moins vite, mais l'art sera enfin reconnu.

Pour le ciné la musique, ça vaut plus grand chose alors... pas besoin de pirater.

L'argent rentrera moins vite, mais l'art sera enfin reconnu.

Et stp ne prends pas pour toi ce qui ce dit donc ne te sens pas obligé d'être agressif envers tous tes interlocuteurs.










15/10-2005 à 20:56en fait j'ai voulu "couper" la phrase pour la coller au dessus et je n'ai fait que la copier donc doublon. pas grave.




15/10-2005 à 22:29bonjour, je viens rajouter ma petite pierre à ce mur de lamentations ...
voici ma position : je pirate ... je me demande qui va venir se plaindre : voici mes derniers téléchargements : john lennon (il me dira rien), jimi hendrix (il me dira rien non plus), bob marley (itou), et j'en passe ... les seuls qui vont se plaindre, c'est les maisons de disques qui se feront moins de blé sur le dos d'artistes disparus, c'est les descendants qui espéraient se la couler douce avec l'argent des ventes de leurs aïeux sans rien foutre ...
au contraire, je me rappelle de copains qui avaient monté un groupe dans le sud et qui avaient auto-produit un cd, sorti à 300 exemplaires ... un copain m'avait demandé de lui copier cet album : j'avais été catégorique : les potes ont besoin des thunes de la vente de cet album pour racheter du matériel etc ... pas question de pirater leur album, à moins qu'ils ne donnent leur accord : en effet, ils avaient sorti un single 3 titres avant la sortie de l'album qu'ils avaient mis en libre télé chargemùent sur un site. c'était pour se faire connaître, mais il n'était pas question d'en faire autant pour l'album .
je pense que des artistes hyper connus et qui se font des couilles en or à chaque sortie d'album ne devraient pas se permettre de faire la morale sur des téléchargements sauvages de leurs oeuvres (et encore moins leurs maison de production).
pour revenir sur d'autres arguments entendus sur ce topic, si j'ai pas le sou et que j'ai faim, je volerai ma baguette, la loi me l'autorise...


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Marc alias El Commandante
El_Commandante(at)hotmail.fr


pirates, pas pirates ?
16/10-2005 à 00:49

si j'ai pas le sou et que j'ai faim, je volerai ma baguette,



Le problème est que tu as le sou et que tu n'as pas faim (profondement désolé si je fais erreur), !
tu compares l'incomparable,


c'est quand même incroyable de lire tous ces arguments invoqués ! Vous arrivez tous à vous justifier d'une action qui est , à tous points de vue, sans aucune autre alternative possible, illégétime, illégale et absolument égoiste !
et là, que l'on parle de pain ou d'Art,

J'ai pas le sou, je vole,
c'est de la merde, je vole,
les majors sont des voleurs, je vole,
avant c'etait bien , maintenant je suis pauvre, je vole,
il est plein de sous, je vole,
j'en ai envie, je vole,
les autres le font, c'est rien du tout, je vole,
l'auteur travaille, mérite salaire, je m'en fouts, je vole !
mais .... toujours, finalement, ... JE VOLE !

En même temps, vous volez plus facilement une oeuvre d'art qu'une baguette de pain ! et pourquoi au fait ?

le commandant, tu dis que tu pompes du jimi hendrix, .. et qu'il est mort, donc pas grave,
... ah, oui, ..mais s'il n'y avait eu personne pour faire vivre son oeuvre, pour payer ses disques, aucun producteur pour le faire exister, et aucun quidam pour acheter ses oeuvres un jour .. crois tu que tu parlerais de "Jimi Hendrix" ?
il serait noyé dans le copyright, sans aucun nom, juste téléchargé à quelques milliers d'exemplaires, pillé , tu serais même surement passé à coté, .. il serait juste un produit tel le dernier driver pour ta carte graphique ! .. on en changera demain,
Tu parles d'auteurs connus ! Pourquoi ?
ca veut donc bien dire que la reconnaissance de l'artiste a un sens non ? tu le prouves par A + B !

en effet, ils avaient sorti un single 3 titres avant la sortie de l'album qu'ils avaient mis en libre télé chargemùent sur un site. c'était pour se faire connaître, mais il n'était pas question d'en faire autant pour l'album .



... c'était leur libre choix !
mais comment se permettre de choisir pour d'autres ??









16/10-2005 à 01:19

pour revenir sur d'autres arguments entendus sur ce topic, si j'ai pas le sou et que j'ai faim, je volerai ma baguette, la loi me l'autorise.



Tu m'etonnes , tu parles de vol et d'autorisation par la loi,

quel est ce seuil de pauvreté à atteindre pour avoir le droit de voler une baguette ??

je trouve l'argument plus que fallacieux ... si je pense à un disque de kimi hendrix !

16/10-2005 à 03:00

c'est le serpent qui mord sa queue. On pirate parce que la majorité, c'est de la daube, et c'est de la daube parce qu'on pirate

Non, ça s'appelle un rétroaction positive (quand on cause scientifique), un cercle vicieux (quand on cause comme tout le monde).
Le système s'auto-entretient.

On s'est mal compris, là. Je voulais juste aller dans ton sens, et non accepter le constat.

Arrêtons le P2P, arrêtez les "vedettes" qui poussent en 2 mois, et se fânent avant la première gelée.

Je vais aller, au contraire, bien plus loin. Dans les conservatoires (qui pleurent après des subsides), toutes les partitions sont des photocopies. Les CD utilisés sont des copies - et sans doute copie de copie.

La médiathèque nous fournit la méthode pour pirater sans risque, avec la certitude de partir de l'original, avec la possibilité de scanner proprement les jaquettes, le livret et l'étiquette du CD. Ce sont, de plus des WAV, et non des MP3, d'où une qualité parfaite du son. J'ajouterai encore que la médiathèque, chez nous, collait un code-barre sur la couverture du CD, pour la gestion des prêts.
Gênant pour le scan [°)] Les utilisateurs essayaient donc de décoller ce code barre, avec déchirure de la couverture, code barre inutilisable. Le code barre est maintenant collé sur la boîte en plastique.

Un graveur double couche coûte 100 €, on trouve des DVD double couche pour 4 € (achats en masse via les entreprises [°)] ). Chacun peut donc obtenir une copie parfaite du DVD original pour un prix ridicule. Ce sera bientôt l'encre pour l'impression des jaquettes qui sera le facteur principal du coût de copie.

Je ne renie pas la faute du piratage, mais pourquoi continuer, sans la moindre réaction des majors, la location des CD, pourquoi vendre des DVD 9.4 Go, qui ne peuvent être utilisés que pour la copie de DVD (écriture bien plus lente que 2 DVD 4.7 Go, et réécriture impossible).

Arrêtez le P2P, tout le monde vous tend la main vers d'autres méthodes bien plus fiables, plus sûres, plus rapides (attendre 1 semaine pour un DivX de piètre qualité en P2P, pour s'apercevoir en fin de compte que c'est "L'arrière-train sifflera trois fois" au lieu du Walt Disney attendu).

Je plaisante bien sûr, mais pourquoi accuser le P2P uniquement.

Enfin, je lacherai une salve en direction des producteurs de DVD, qui en 2 ans offrent 6 éditions différentes du même DVD : édition de base, édition collector, édition spéciale avec bonus insipides en complément, édition anniversaire ... Un attrape-nigaud pour les jeunes qui se retapent un coffret parce qu'ils n'ont pas eu l'interview de Tom Cruise sur l'église de la scientologie [°)]


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