Droit d’auteur contre accès à la culture

  • Galeric
06/06-2006 à 15:57Le Seuil contre Google
La maison-mère des éditions du Seuil s’en prend au moteur de recherche américain et à son projet de grande bibliothèque numérique universelle.
http://www.lefigaro.fr/medias/20060606.WWW000000300_la_martiniere_attaque_google_pour_contrefacon.html


07/06-2006 à 02:23

Droit d’auteur contre accès à la culture


encore un titre polémique... il ne s'agit pas d'opposer le droit d'auteur et celui de l'accès à la culture... comme si les auteurs ne voulaient pas être lus, écoutés, vus ou diffusés. Présenter ainsi les choses est mensonger, ridicule et crétin.
Comme toutes les entreprises américaines, Google s'appuie (comme je l'ai déjà maintes fois expliqué) sur la loi américaine qui ne reconnaît pas le droit d'auteur (au sens de droit intellectuel, comme en France) mais uniquement le droit de propriété commerciale et le droit des marques.

Cela entraîne toutes les dérives (par ailleurs stigmatisées sur d'autres posts, voir entre autres celui du dépôt des numéros de département français comme marque déposée...), telles que celles que j'ai citées (Disney déposant les noms de personnages du patrimoine culturel mondial ou des noms de personnages de roman : Esmeralda, Quasimodo, Peter Pan, La Petite Sirène, Pinocchio, etc.) y compris ceux tombés dans le domaine public, ou Microsoft tentant de faire déposer lettres, chiffres, signes mathématiques, opérateurs logiques ou équations (sous prétexte que personne n'y avait songé avant eux...).
Et bien entendu, le plus grave (pour les auteurs), la cession de la propriété entière des oeuvres aux éditeurs (livre, disque, cinéma, studios, chaînes et réseaux de diffusion...).

Mais alors que, en temps normal (si l'on peut dire), ni les auteurs ni les consommateurs ne sont protégés mais uniquement les intermédiaires que sont les sociétés de production, édition, diffusion. (raison pour laquelle nombre d'auteurs américains que je traduis sont devenus leurs propres éditeurs/producteurs pour avoir un minimum de maîtrise sur leur oeuvre et leurs droits), dans l'affaire Google, même les éditeurs se voient à leur tour pillés sans aucune contrepartie.

Rappelons que le projet français (en cours de concrétisation depuis plusieurs années déjà, voir sur le site de la bnf, j'en parle depuis plusieurs années sur memoclic) a permis la numérisation de milliers d'oeuvres et de millions de documents tombés dans le domaine public (et dont la reproduction et la diffusion, donc, ne lèse aucun auteur ou ayant-droit).




Droit d’auteur contre accès à la culture
07/06-2006 à 08:49

Présenter ainsi les choses est mensonger, ridicule et crétin.


et paf .....galericimage
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  • Galeric
07/06-2006 à 11:33

encore un titre polémique

Le cretin il te dit bien des choses cher ami, ou plutot il se retient de te dire bien des choses, trés cher ami.
Ce titre n'est que la reprise d'un titre de paragraphe de l'article, mais ce dont j'étais certain, c''était que ton oeil acéré serait obligatoirement attiré par ce titre.

dans l'affaire Google, même les éditeurs se voient à leur tour pillés sans aucune contrepartie.

L'histoire de l'étrangleur étranglé, ou une sorte de leçon de morale chrétienne dans le genre tu n'aurais pas du faire aux autres ce que tu ne souhaitais pas que l'on te fasse.

Quand à la défense des auteurs, comme tu nous le sermone (à raison) à longeur de post, le problème est vaste.
Est-il éthique, par rapport à la culture ?
Est-ce du domaine commercial ?
La culture doit-elle ou non être marchandisable ?

Ce qui est évident, c'est qu'en ce domaine, les Technologies de l'Information et de la Communication (TIC) ont tout changé.

Il fut des temps et des époques où un savant pouvait se prévaloir de tout savoir. Je ne pense pas qu'il savait tout, mais il avait du probablement assimiler tout le savoir qui était disponible à son époque dans le périmètre de son rayonnement.
une époque où le savoir circulait gratuitement, souvent censuré, mais une fois passé le filtre de la religion, gratuitement. Chez les Grecs, chaque penseur avait son forum où tous pouvaient venir profiter de son enseignement.

Il est évident que cela n'est plus possible de nos jours, nous n'avons plus d'esclaves pour nous servir et assurer les taches courantes du quotidien.
La culture s'est aussi démocratisée et étendue devenant si foisonnante qu'une seule personne ne peut plus prétendre la détenir toute.

Se pose alors le souci du devenir de l'auteur.
Lorsqu'il y avait plus d'auditeurs que d'auteurs, l'auteur n'avait aucun souci sur son comment subsister
Face à la demande croissante, il a fallu mettre en place un système de diffusion, et les éditeurs sont apparus, se payant sur la demande des auditeurs.
Puis soudainement tout est devenu culture, au point qu'il a probablement plus d'auteurs que d'auditeurs (il va sans dire que je m'interdit là, tout jugement de valeur), et là débutèrent les problèmes.
Les auteurs se mirent à avoir faim, et les éditeurs moins réveurs à se payer un plus sur l'auteur que sur l'auditeur quitte à fabriquer des auteurs à la demande, pour faire un peu vrai quand même, mais en révant de pouvoir se passer d'eux.
Tout cela, jusqu'à ce que quelqu'un dise je vais devenir éditeur, et je vais me faire du blè, en diffusant sans rien demander aux auditeurs, et en ne donnant rien aux auteurs au contraire, s'ils veulent être diffusés ils n'auront qu'à payer. Et là c'est le drame.

Lorsque c'est arrivé aux paysans, aux couturières, aux métallos, les auteurs se sont fait du blé en racontant les histoires de ces malheureux et pas toujours de belle manière et très souvent en faisant le constat qu'ils s'agissait là de pauvres gens qui n'avaient pas su évoluer.
Aujourd'hui qui va dire aux auteurs qu'il faut savoir évoluer ?.


08/06-2006 à 12:17

Aujourd'hui qui va dire aux auteurs qu'il faut savoir évoluer ?.


tu mélanges hélas un peu tout : jugement de valeur sur les auteurs (là n'est pas le problème), méconnaissance des mécanismes de l'édition (j'avoue, certes, c'est compliqué pour le profane) et surtout réponse à côté de la plaque sur le problème du droit d'auteur et de la cession de ceux-ci et de la rémunération de l'exploitation.

Face à la demande croissante, il a fallu mettre en place un système de diffusion, et les éditeurs sont apparus, se payant sur la demande des auditeurs.


Historiquement, ce n'est pas vraiment ainsi que cela s'est produit.

au point qu'il y a probablement plus d'auteurs que d'auditeurs (il va sans dire que je m'interdis là, tout jugement de valeur),


C'est absolument faux. Tu devrais peut-être cesser de raconter n'importe quoi, c'est lassant à la longue. On dirait Curt.

Droit d’auteur contre accès à la culture
  • Galeric
08/06-2006 à 12:40

C'est absolument faux

désolé d'être la cause de ta lassitude, mais je confirme qu'il y probablement plus d'auteurs que d'auditeurs, et cela dans plusieurs domaines, combien d'écrits ne sont et ne seront jamais lu ? Comme je le disais plus haut, je ne m'autorise pas à un jugement de valeur (autre que personnel) sur la qualité de ces écrits, et s'il est possible que certains trouvent que beaucoup ne méritent pas d'être lus, combien auraient pu l'être, mais resteront inconnus parce que le système n'aura pas voulu prendre le risque de mettre trois francs Cissou dans l'affaire [;)]

On dirait Curt

Merci pour l'insulte, mais je te pardonne, uniquement à l'idée que cette expression puisse être rangée au rang de l'insulte.

raconter n'importe quoi

Je n'avais pas l'intention de rédiger une encyclopédie sur la question, il y a donc assurément beaucoup de racourcis, et j'ai essayé de dire plutot comment la situation était ressentie par les néophytes que nous sommes tous.

Et si je puis me permettre, ce qui est lassant c'est de voir à quelle vitesse ceux qui ne pensent pas comme toi sont immédiatement qualifiés de bonimenteurs. Domage que l'inquisition soit passée de mode, j'échappe ainsi au bucher, et je me demande si je ne tire pas un peu de plaisir à te savoir déçu de cela. [:D]

  • grolou
08/06-2006 à 14:43Le passage de l'article qui a été choisi pour le titre du topic est franchement polémique, ou polémigène (merci pour le néologisme).
Google voudrait bien se poser en blanc chevalier de la culture pour tous. Mais ce qu'ils font c'est piller le gagne pain des autres. Google n'est pas une entreprise de philantropie, ils sont cotés en bourse, sont une vrai entreprise financée par la publicité. Tout ce que fait Google est destiné à leur rapporter de l'argent. Je ne critique pas, c'est leur mode de fonctionnement et il est cohérent. Par contre ils pillent le travail des autres.
Pour l'accès à la culture il y a les libraires, et si on ne peut payer il y a les bibliothèques.

  • Galeric
08/06-2006 à 14:48

Pour l'accès à la culture il y a les libraires, et si on ne peut payer il y a les bibliothèques.

et si cette polèmique a comme conséquence de rappeler cela, j'en suis tout à fait satisfait.

Droit d’auteur contre accès à la culture
  • grolou
08/06-2006 à 14:56Tiens, pour les Lyonnais, le fondateur de la librairie La Proue, rue Childebert, fermée faute de repreneur, Georges Péju est mort samedi dernier. Un vrai amoureux des livres et des auteurs, c'était un authentique libraire, un type d'exception. http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3382,36-780120@51-780204,0.html

Et le projet Gutemberg http://www.gutenberg.org/catalog/

Modifie par Modifié par grolou le 08/06/20


09/06-2006 à 00:56Idem pour la musique : http://www.dlib.indiana.edu/variations/scores/

Tout ce qui est dans le domaine public ----- avant que des petits malins ne trouvent une astuce pour supprimer la notion de 'domaine public' [°)]


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Il faut bien que je supporte deux ou trois chenilles si je veux connaître les papillons (A. de Saint-Exupery) image


09/06-2006 à 08:15Dans le cas de Google qui "propose" et qui lance sa bibliothèque, il n'est pas garant de la culture des autres, il la monopolise.

Il ne faut pas laisser faire.

Pourquoi remettre en cause un processus auteur vers éditeur vers public, qui s'il est injuste quelque-part, offre un minimum de garanties à tous : un bon éditeur propose de bons auteurs au public en contre partie de quelques sous.

L'accès à l'art et la culture se mérite. Prenez le comme vous voulez.

Cet accès gratuit à tout c'est donner à n'importe qui le plaisir de posséder ce qui ne l'intéresse pas forcément, ce plaisir immodéré de posséder ce qui ne lui appartient pas et qui appartient à un créateur; à quelqu'un de génial. C'est aussi tout banaliser. Sutout ce qui a été créé il y a longtemps doit être protégé, parce-que c'est beau. La création d'aujourd'hui oui c'est assez banal.






Droit d’auteur contre accès à la culture
09/06-2006 à 14:46On ne vend que ce qui meurt, ce qui est immortel ne peut que se donner (Charles Gounod)


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Il faut bien que je supporte deux ou trois chenilles si je veux connaître les papillons (A. de Saint-Exupery) image


09/06-2006 à 15:30

mais je confirme qu'il y probablement plus d'auteurs que d'auditeurs, et cela dans plusieurs domaines, combien d'écrits ne sont et ne seront jamais lu ?


exemple même du sophisme :
combien de truffes qui ne seront jamais mangées ?
d'où Galeric nous déduira ipso facto qu'il y a beaucoup plus de truffes que d'amateurs de truffes.
D'où l'on déduira ipso facto que les truffes devraient dont être gratuitement mises à disposition de tout un chacun (voire clonées gratuitement si nécessaire...) [:D] .

Evidemment, le problème vient que ta notion d'"auteur" est devenue très élastique : n'importe quel pondeur de merdouille sur son home-studio ou avec son petit logiciel midi (ou son traitement de texte, son logiciel de montage vidéo ou photo, ou autre prodige du vite-fait mal-fait yakakliker, peut en effet mettre en ligne ses "oeuvres" et expliquer qu'il est un grand auteur qui offre libéralement son travail à tout un chacun. C'est vachement sympa et gentil, mais cela ne l'autorise en rien à en estimer que doivent faire pareil tous les auteurs qui eux VIVENT de leur travail (qu'il soit bon ou mauvais entre EFFECTIVEMENT en ligne de compte : mauvais ou mal fichu, il ne sera pas vendu).

Quand je parle du nombre d'auteurs (artistes, compositeurs et autres...), je parle de ceux qui à un titre ou un autre sont intéressés (financièrement, professionnellement ou simplement éthiquement) à la notion de droit d'auteur...

Pourquoi cette différence entre amateur (ce n'est pas un jugement, c'est un statut social et fiscal) et profressionnel devrait-elle s'effacer dans le domaine artistique ?

De la même manière, un jardinier amateur (ou un menuisier amateur...) se livrera à son activité pour son plaisir ou éventuellement celui de ses parents, amis et voisins, gratuitement, cela va sans dire, ou contre une rémunération symbolique, mais il ne s'autorisera pas à légiférer sur les droits, devoirs et législations applicables aux jardiniers (ou menuisiers) professionnels.

Noter que ce genre de problématique est la même avec les brocanteurs et antiquaires professionnels et les vrais-faux pros qui officient dans les brocantes et vide-greniers hebdomadaires ou sur ebay... Et là aussi, le gouvernement, frileux, a préféré laisser faire... (Cela même au détriment des usagers, clients, électeurs qui se font gentiment arnaquer tous les w-e par de faux voisins vendeurs de leur faux grenier à des prix pas faux du tout, ou en semaine (souvent depuis le bureau) par de faux particuliers vendeurs de bonnes occases sur ebay...

Modifie par Modifié par johannis le 10/06/


  • Galeric
09/06-2006 à 15:51

mais il ne s'autorisera pas à légiférer sur les droits, devoirs et législations applicables

Rien d'anormal à cela, nous sommes dans un pays où les origines du droit sont panachées entre l'origine latine (droit écrit) et l'origine germanique (droit coutumier). Il est trés fréquent que la coutume l'emporte sur l'écrit, provoquant souvent des cris d'orfraies de la part de ceux qui ignorent ces origines.
Pour tout ce qui relève du droit rural en particulier, les traditions et la coutume font force de loi, si rien n'est écrit. Le fait que l'on réclame de plus en plus de texte peut s'expliquer par l'oubli, ou la non transmission des us et coutumes.

Droit d’auteur contre accès à la culture
09/06-2006 à 16:58Certes, mais en matière de droits d'auteur et de rémunération, il s'agit de droit écrit (relevant en grande partie de la fiscalité) et là, on ne peut pas faire n'importe quoi, nonobstant les partisans d'une liberté à tout crin qui serait (selon eux) seule garante (ou équivalente ou synonyme) de la liberté d'expression...
C'est finalement tout le débat sur internet et le livre virtuel.
Voir à ce sujet, les avis (que je ne partage pas toujours) de Francis Pisani sur son blog "Transnet", hébergé par le Monde :
En particulier, ses dernières contributions sur le livre virtuel :
http://pisani.blog.lemonde.fr/pisani/




  • Galeric
09/06-2006 à 18:28

combien de truffes qui ne seront jamais mangées

J'accepte la critique, compte tenu du fait que ma présentation était certainement poussée à l'extrème, pour mieux illustrer mon propos qui ne peut pas être considéré, pour autant, complétement faux.

Pour ce qui est des bouquins je sais où les trouver, aucun souci, je peux te donner toutes les adresses que je connais, et tous te diront qu'ils peuvent recevoir beaucoup plus de visiteurs que ce qu'ils voient habituellement.
Mais puisque nous en sommes aux échanges de bonnes adresses, je pense que tu ne verras aucune objection à me communiquer les coordonnées des truffières que tu connais, afin que je les visite de manière à les aider à écouler leurs stocks d'invendus.
Je ne serais pas surpris de ne pas être le seul à essayer de les aider à écouler leurs stocks, dés qu'il s'agit d'aider, sur mémo on ne compte plus les volontaires...

10/06-2006 à 00:14

je pense que tu ne verras aucune objection à me communiquer les coordonnées des truffières que tu connais,


si tu t'y connais un rien en truffes, tu sais combien ce sujet est sensible... ce n'est pas le genre d'adresse ou de coin qu'on donne comme ça. [;)] [:D] ... On risque sinon de recevoir du plomb (ces gens-là sont aussi pointilleux que des Corses).

Déjà, rien que pour les morilles, (je ne parle pas des cèpes, c'est banal), pour les morilles, donc, la lutte est acharnée. Mon fils a la chance d'avoir un terrain qui donne assez régulièrement des morilles deux fois l'an... Le goinfre se garde le tout pour sa consommation personnelle et évite de trop parle du filon au voisinage... [:D] .

Droit d’auteur contre accès à la culture
  • grolou
12/06-2006 à 12:01[QUOTE]DADVSI : en attendant Zidane, Matignon se bunkerise

12 juin 2006 - Communiqué - 2 commentaires

(Communiqué) Sans réponse de Matignon à sa demande d’entretien avec le Premier Ministre - envoyée il y a quinze jours, Richard Stallman, président de la Fondation pour le Logiciel Libre, s’est présenté vendredi 9 juin à 15h30 à l’Hôtel Matignon pour tenter d’être reçu, comme cela avait été annoncé à la presse et aux autorités. Il était porteur de la pétition EUCD.INFO (165 000 signatures, plus de 15 mêtres de long). Arrêté à plus de cent mètres de l’Hôtel Matignon par les forces de l’ordre, Richard Stallman s’est entretenu un instant avec le chef de la sécurité de Matignon qui lui a déclaré que le fait de ne pas le recevoir était « une décision qui avait été mûrement réfléchie par le cabinet ».

Le docteur Stallman, ancien chercheur au MIT, considéré comme le père du Logiciel Libre, à l’origine du projet GNU, projet classé Trésor du Monde par l’UNESCO, contributeur à des logiciels utilisés par des centaines de millions de personnes, a donc été refoulé sans même pouvoir rencontrer les journalistes de l’AFP, de Sigma Presse et du Monde Informatique qui l’attendaient devant l’Hôtel Matignon. En compagnie de Richard Stallman, les membres d’EUCD.INFO ont alors décidé de dérouler la pétition EUCD.INFO dans la rue sous les objectifs d’une caméra d’Arte et des appareils photos des journalistes qui l’accompagnaient.

Frédéric Couchet, président de la FSF France, a déclaré à l’issue de cette action : « En refusant de recevoir Richard Stallman alors que Bill Gates a été reçu comme un chef d’État par le Président de la République, le Premier Ministre montre son dédain pour le Logiciel Libre, les 165 000 particuliers et les centaines d’associations et d’entreprises qui ont signé la pétition. Il refuse l’éclairage qu’un scientifique mondialement reconnu aurait pu lui apporter sur le projet de loi DADVSI. Après le lancement en début de semaine d’une opération de promotion des produits Microsoft dans les écoles sous l’égide de l’Éducation Nationale, il est vrai que nous aurions dû nous y attendre. La République de Microsoft est en marche. » Richard Stallman s’est lui étonné d’être « interpellé si loin de l’édifice ». Interrogé sur la raison qui a selon lui poussé Matignon à réagir de la sorte, il a répondu : « Ils avaient visiblement peur que nous nous approchions de leur Palais. Pourquoi ? Peut-être car le mensonge a peur de la vérité. »

Pour sa part, Christophe Espern, co-fondateur d’EUCD.INFO, a expliqué : « Tout se passe comme si Matignon attendait que la Coupe du Monde batte son plein pour convoquer la commission mixte paritaire (CMP) afin que le texte soit adopté par des députés UMP aux ordres. En attendant, Matignon se bunkerise. Il laisse Nicolas Sarkozy, le n°2 du gouvernement, faire pression sur les derniers députés UMP résistants pour qu’ils « mangent leur chapeau ». Le président du groupe UMP, Bernard Accoyer, serait en train d’avaler le sien. La réconciliation entre l’Assemblée et le Sénat dont le Premier Ministre se prévaudrait pour convoquer la CMP serait donc un consensus obtenu par la menace et l’absence de courage, pas par la raison. Tout le monde voit bien que les textes de l’Assemblée et du Sénat sont irréconciliables sur la question de l’interopérabilité et que le Sénat a ajouté des dispositions, comme celles sur le filtrage, dont l’ensemble de l’Assemblée devrait pouvoir débattre sur le fond le temps qu’il faut. Le ministre de la Culture ose ressortir l’épouvantail de la licence globale quand on lui rappelle sa promesse réitérée de lever l’urgence en pareil cas. Il l’a fait la semaine dernière avec le député UDF Jean Dionis du Séjour lors de la séance des questions d’actualité. Mais qui est dupe ? Il se parjure. Comme l’a dit le Président de l’Assemblée Nationale, Jean-Louis Debré, « Donnedieu est un nul qui nous [les députés UMP] a mis dans la merde ». Soutenu par Nicolas Sarkozy, il continue. Le Premier Ministre, gardien de l’interêt général, devrait donc maintenant au minimum lever l’urgence. C’est sa responsabilité et il a ce pouvoir. C’est finalement cela que le cabinet n’a pas voulu entendre. Les députés UMP qui vont devoir voter le texte devraient aller lui expliquer : le retour devant les électeurs est pour bientôt et Internet a la mémoire vive. »[/QUOTE] http://www.toolinux.com/news/communique/dadvsi_en_attendant_zidane_matignon_se_bunkerise_ar7750.html

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