20/09-2006 à 12:29Et là je groupe : il y a de l'ONU, de l' ami George et autres conférences de presse, sinon il va battre le record du nombre de posts
Interventions du Président de la République à l'occasion de la 61ème session de l'assemblée générale des Nations Unies à New-York
Entretien entre M. Jacques CHIRAC, Président de la République, avec M. George BUSH, Président des Etats-Unis.
Compte rendu du Porte-parole
New-York le mardi 19 septembre 2006.
Le Président de la République a eu un entretien dans la matinée du mardi 19 septembre avec le Président des Etats-Unis, M. George BUSH, en marge de la 61e session de l'Assemblée générale des Nations Unies.
Au cours d'un entretien amical, constructif et approfondi, les deux Présidents ont pu aborder les questions suivantes :
- Liban :
Les deux Présidents ont fait le point sur le déploiement de la FINUL renforcée et l'application de la résolution 1701.
Le Président de la République a, par ailleurs, insisté sur l'importance d'une décision rapide concernant le Tribunal international chargé de juger les responsables de l'assassinat de M. Rafic HARIRI, ainsi que des autres assassinats intervenus depuis.
Les deux Présidents sont convenus de poursuivre une étroite concertation pour la pleine mise en uvre des résolutions des Nations Unies en vue de consolider la paix, la démocratie au Liban ainsi que la souveraineté du gouvernement libanais sur l'ensemble de son territoire.
- Iran :
Les deux Présidents ont confirmé que la France et les Etats-Unis travaillaient ensemble au sein des Six, et des instances internationales, en vue du plein respect par l'Iran de ses engagements et obligations internationales.
Le Président de la République a présenté au Président des Etats-Unis l'idée de se mettre d'accord sur un ordre du jour. L'engagement des négociations passait, en toute hypothèse, par la suspension par l'Iran de ses activités d'enrichissement, accompagnée de la suspension par les Six des discussions au Conseil de sécurité des Nations Unies. Ils ont rappelé que les discussions étaient conduites au nom des Six par M. SOLANA, avec M. LARIDJANI, pour l'Iran.
- Darfour :
Le Président de la République et le Président des Etats-Unis ont souligné l'importance d'une acceptation par le Président du Soudan du déploiement de forces des Nations Unies afin de prévenir la catastrophe humanitaire qui se prépare. La France et les Etats-Unis partagent le même sentiment d'urgence.
- Processus de paix :
Le Président de la République a présenté au Président des Etats-Unis les propositions qu'il comptait présenter à l'Assemblée générale des Nations Unies en vue de la reprise des négociations de paix.
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Discours de M. Jacques CHIRAC, Président de la République, à l'occasion de la 61ème Assemblée générale de l'organisation des Nations Unies.
New York, Etats Unis d'Amérique, le 19 septembre 2006
New York Etats-Unis - mardi 19 septembre 2006
Madame la Présidente de l'Assemblée Générale,
Mesdames et Messieurs les Chefs d'État et de gouvernement,
Monsieur le Secrétaire général,
Mesdames et Messieurs,
Une fois encore, la guerre a embrasé le Liban. Nouvelle manifestation de cet interminable conflit du Moyen-Orient qui, depuis soixante ans, ponctue, par ses tragédies, la vie des Nations Unies.
A force d'en différer sans cesse le règlement, cet affrontement est devenu l'épicentre de l'instabilité internationale, la source première de l'incompréhension entre les mondes et l'alibi facile de tous les terrorismes.
Il n'y a pas de fatalité à cette situation. Avec la résolution 1701, les Nations Unies ont pris leurs responsabilités. L'adoption, à l'unanimité, de cette résolution a fait taire les armes. La France, l'Europe, l'Asie ont contribué au renforcement de la Finul.
Mais le feu couve toujours. Il incombe maintenant à toutes les parties d'uvrer à la consolidation de la paix et au relèvement du Liban.
A Israël d'achever de retirer de ses forces. Au Gouvernement libanais d'affirmer sa souveraineté sur l'ensemble de son territoire. Aux pays de la région de coopérer pleinement au succès de la résolution, avec l'ONU.
Dans cette région névralgique, où nous voyons se rejoindre les lignes de fracture du monde, le statu quo n'est plus supportable. Parce que le conflit du Moyen-Orient menace la paix et la sécurité du monde, le monde n'a d'autre choix que d'apporter sa garantie à la paix. Sortons des sentiers tracés par l'habitude. Définissons une stratégie globale, dont la clé est le règlement du conflit israélo-palestinien.
Chacun en connaît les paramètres : la coexistence, dans la sécurité, de deux États viables, déjà largement admise par les deux peuples concernés; des frontières sûres et reconnues ; une solution juste pour les réfugiés comme pour Jérusalem. Seule la méfiance ancrée entre deux peuples recrus d'histoire, ivres de souffrances et d'épreuves, sépare encore Israéliens et Palestiniens de la paix à laquelle ils aspirent.
Ne laissons plus les extrémistes dicter leur loi ! Aidons peuples et dirigeants à avoir à nouveau l'audace de la paix ! Comme Sadate et Begin, Rabin et Arafat avant eux ! Devant cette assemblée, j'appelle le monde à s'engager pour rétablir les conditions de la confiance.
Qu'une réunion rapide du Quartet lance la préparation d'une conférence internationale. Je propose que cette conférence établisse par avance les garanties que nous sommes prêts à apporter aux parties dès qu'elles seront parvenues à un accord. Je propose également qu'elle pose les jalons d'un nouvel avenir au Moyen-Orient, à travers un cadre régional de sécurité collective, l'intégration économique et le dialogue des cultures.
Mesdames, Messieurs,
Construire la paix, c'est lutter contre le terrorisme. C'est prévenir la prolifération. C'est assumer cette "responsabilité de protéger" que nous avons consacrée ici même l'année dernière.
Contre les menaces de prolifération des armes de destruction massive, il faut faire prévaloir la légalité internationale. Dans la crise avec l'Iran, la confiance a été altérée par l'existence de programmes clandestins. Nous avons fait à ce grand pays des offres de coopération ambitieuses, pourvu qu'il rétablisse la confiance en suspendant ses activités litigieuses. Le dialogue doit prévaloir. Discutons afin d'entrer dans la négociation.
Devant la gravité des enjeux, la communauté internationale doit rester ferme et unie. Notre objectif n'est pas de remettre en cause les régimes. Il est d'assurer la sécurité dans le respect du droit international et de la souveraineté de chacun.
"Responsabilité de protéger", avons nous affirmé, ici même. Au Darfour, des millions de personnes sont menacées. Un crime contre l'humanité se prépare. Des désordres sanglants sont à nouveau sur le point de secouer le coeur même de l'Afrique.
La France exhorte la communauté internationale à conjurer une nouvelle catastrophe humanitaire. J'appelle le Soudan, j'appelle solennellement le Soudan, à accepter sans délai la mission de paix des Nations unies. J'appelle la Cour pénale internationale à rechercher activement les responsables de ces crimes. Il est temps que l'Afrique, cet immense continent, riche de ses peuples et de sa vibrante jeunesse, engagé sur la voie de la croissance et des réformes, trouve enfin un destin digne d'elle et digne du berceau de l'humanité qu'elle représente.
Mesdames, Messieurs,
L'humanité doit être unie et solidaire dans la diversité de ses peuples. Elle a plus que jamais besoin d'une Organisation des Nations Unies forte et respectée, irremplaçable instrument de souveraineté et de responsabilité partagées.
C'est ici que doivent être défendus et protégés les droits de l'homme, universels et sacrés. Avec le nouveau Conseil et la Cour Pénale Internationale, l'ONU renoue avec cette vocation première. Ne décevons pas l'espoir de tous ceux qui sont épris de liberté et de justice.
En un temps où la richesse du monde s'accroît comme jamais, le fossé qui sépare les pauvres et les riches devient absolument insupportable. Depuis sa fondation, l'ONU incarne l'obligation morale de l'équité et de la solidarité. C'est pourquoi la France y porte l'ambition de financements innovants pour le développement, comme la contribution internationale de solidarité sur les billets d'avion, réponse moderne, pragmatique et expérimentale aux besoins de la lutte contre la pauvreté et contre les pandémies. Dans cet esprit, je me réjouis que nous lancions cet après-midi UNITAID.
Sachons dépasser les égoïsmes, les dogmatismes, donner sa chance à l'idée généreuse d'un monde rassemblé pour le progrès de l'humanité.
Enfin chacun sait qu'une activité humaine non maîtrisée est en train de provoquer une sorte de lent suicide collectif. Seul le rassemblement des nations autour d'engagements consentis en commun permettra de prévenir un véritable désastre. Créons l'Organisation des Nations unies pour l'environnement, conscience écologique du monde, et ayant les moyens d'assumer cette responsabilité, lieu privilégié de notre action commune pour les générations futures. La France accueillera l'année prochaine, dans une conférence internationale, toutes celles et tous ceux qui veulent faire progresser ce projet capital pour l'avenir de la planète.
Mesdames, Messieurs,
Depuis dix ans, un homme porte haut le flambeau des Nations Unies et nos valeurs universelles. Je souhaite rendre aujourd'hui à Kofi ANNAN un solennel hommage, l'hommage mérité de notre profonde estime, de notre respect et de notre reconnaissance.
Dans quelques semaines, nous choisirons un nouveau Secrétaire général. D'immenses défis l'attendent. Il pourra compter sur le soutien de la France, son engagement indéfectible au service de la paix et de la justice, au service de la fraternité et du progrès.
Je vous remercie.
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Conférence de presse de M. Jacques CHIRAC, Président de la République, à l'occasion de la 61e session de l'Assemblée générale des Nations Unies
New York Etats-Unis, mardi 19 septembre 2006
Mesdames, Messieurs,
Je suis venu à l'Assemblée générale pour affirmer, ce qui ne vous étonnera pas, quelques convictions de la France.
Premièrement, l'importance capitale de l'action collective, qui est la meilleure réponse aux crises, quelle qu'en soit la nature, aux conflits, et aussi aux dérives ou aux excès de la mondialisation.
Les Nations Unies sont, à l'évidence, l'instrument de cette action collective, l'endroit où s'exerce légitimement cette action de façon efficace. J'ai tenu à rendre un hommage particulier à Kofi ANNAN, au Secrétaire général, qui va quitter ses fonctions, et qui a assumé pendant dix ans cette responsabilité avec beaucoup de dignité, d'efficacité et de qualité. J'ai tenu à lui rendre, au nom de la France, un hommage tout particulier.
Trois points, si vous voulez. D'abord, une action pour la paix. Au Liban, cela passe par le soutien de tous à la mise en uvre des décisions du Conseil de sécurité des Nations Unies, et je pense, en particulier, aux résolutions 1559 et 1701, qui forment l'armature à partir de laquelle on peut prévoir, ou escompter, une évolution positive pour ce malheureux pays qui vient, une fois de plus, de payer les conséquences d'initiatives qu'il n'avait pas voulues.
Nous devons également sortir du statu quo au Moyen-Orient. J'ai proposé, pour ma part, compte tenu notamment de la situation dramatique qui est en train de se développer à Gaza, que l'on ne peut laisser se poursuivre sans rien faire, d'avoir une stratégie globale qui passe, d'abord, par une réunion du Quartet. Ce Quartet ayant, comme il en a vocation, à réunir une conférence internationale dans laquelle l'ensemble de la communauté internationale apporterait les garanties qu'elle ait susceptible de donner pour la paix et la stabilité dans la région. A partir d'un accord qui doit être recherché par les deux parties, c'est-à-dire Israël et les Palestiniens.
On voit très bien quelle est la nature de cet accord. Il fut un temps où il y avait un minimum de confiance entre les uns et les autres. Ces temps sont, hélas, disparus. Il faut donc rétablir cette confiance, reprendre le chemin de la paix, sous la houlette et la tutelle des Nations Unies et de la communauté internationale, dans le cadre d'une conférence internationale où seraient définies les garanties assurées par la communauté internationale en faveur de la paix et de la stabilité.
Enfin, c'est la paix au Darfour. Je suis extrêmement inquiet de ce qui se passe dans cette région du monde. Vous savez que nous sommes maintenant à la fin de la saison des pluies, ce qui veut dire que les populations vont de nouveau retrouver la possibilité de se déplacer, et compte tenu de la reprise des bombardements par les autorités soudanaises sur un certain nombre de villages du Darfour, nous allons avoir à nouveau des millions peut-être de déplacés, et des centaines de milliers de victimes, comme nous nous en avons déjà connu. Il est donc tout à fait essentiel que le gouvernement du Soudan accepte qu'une force internationale de l'ONU, de l'ordre de 20 000 hommes, puissent se déployer au Darfour, de façon à assurer le maintien de l'ordre. Il n'est pas vrai que le Soudan réglera ses problèmes intérieurs, qui sont de plus en plus dramatiques, par le seul usage de la force.
Donc, une action pour la paix. Une action collective face aux enjeux mondiaux : lutte contre la pauvreté, lutte pour la santé, lutte pour l'environnement.
Pour la santé, vous le savez, nous avons créé une contribution de solidarité qui va être effectivement mise en uvre à partir de ce soir, puisque c'est aujourd'hui que nous lançons Unitaid. Cela a un double avantage. Cela permet de répondre à un problème fondamental, à une situation où les malades sont au sud, et les médicaments au nord. Cela ne peut pas durer infiniment. Nous aurons donc des moyens importants et supplémentaires, dans le cadre de cette centrale d'achat qui est Unitaid, pour permettre d'apporter les médicaments nécessaires et les systèmes de détection indispensables dans le domaine des trois grandes pandémies : le sida, le paludisme et la tuberculose. Unitaid a une deuxième vocation : c'est d'être, à titre expérimental, un mécanisme de financement innovant.
Nous savons parfaitement que nous ne pourrons pas augmenter les dépenses budgétaires, comme il serait nécessaire, pour assurer le développement, la lutte contre la faim, la lutte pour l'éducation partout dans le monde, la lutte pour l'eau potable et l'assainissement. Nous savons très bien que nous ne pourrons pas assumer ces dépenses de développement par le seul biais du budget des Etats riches. Cela ne marchera pas. On peut le déplorer. D'où la nécessité de mettre en uvre des financements innovants, c'est-à-dire une forme de taxation qui soit assise sur la progression considérable du commerce international et de la richesse mondiale engendrée elle-même par la mondialisation. Unitaid, cette contribution de solidarité que je viens d'évoquer, en dehors de ces acquis propres dans la lutte contre les pandémies est aussi, à mes yeux, un élément essentiel de mise en uvre d'une expérience visant à être généralisée dans le cadre de la lutte pour le développement.
Avec les pays fondateurs, que sont le Brésil, la Norvège, le Chili et le Royaume-Uni, en présence du Secrétaire général, M. Kofi ANNAN, et du Président M. N'GUESSO, Président de l'Union africaine, en présence également de quelques grandes associations et fondations, notamment celle très active de l'ancien Président CLINTON, nous nous engageons à cela.
Dernier point, l'environnement qui, nous le voyons bien, est chaque jour d'avantage mal traité, avec toutes les conséquences que cela comporte. Nous n'arriverons pas, là non plus, à maîtriser les problèmes, si on ne se met pas d'accord sur l'après Kyoto. Alors même que certains pays n'appliquent pas le protocole de Kyoto et que d'autres, qui avaient adopté le protocole, le remettent en cause. C'est le cas du Canada. Il faut avoir une organisation et une discipline beaucoup plus forte, d'où la nécessité de créer une organisation des Nations Unies pour l'environnement qui soit à la fois une conscience en matière écologique, mais qui ait aussi les moyens de mettre en uvre et de contrôler la mise en uvre d'une véritable politique de l'environnement et de l'écologie. J'aurai l'occasion d'y revenir bien entendu.
Enfin, pour être efficace, l'ONU poursuivre sa réforme, qui comporte, notamment, une meilleure représentation des Nations, dans le cadre du Conseil de sécurité. Aussi bien pour ce qui concerne les membres permanents que pour les membres non permanents. Vous savez que la France soutient activement le G4, c'est-à-dire la présence, comme membre permanent, du Japon, de l'Allemagne, de l'Inde et du Brésil, plus un ou deux pays africains devant être choisis par leurs pairs, ainsi qu'une augmentation du nombre des membres non permanents. Il est indispensable d'avoir une représentation qui soit plus représentative de la communauté internationale. Celle-ci ne l'est plus, elle est obsolète.
QUESTION Vous avez fait une déclaration disant que l'on ne devrait pas demander à l'Iran de suspendre les activités d'uranium, d'enrichissement d'uranium avant les négociations ? Vous avez eu un entretien avec le Président BUSH, qui avec Condoleeza RICE, insistent pour que l'Iran suspende ses activités d'enrichissement d'uranium avant les négociations. Quelle est votre position ?
LE PRESIDENT Cher Monsieur, il n'y a pas du tout de contradiction. La position de la France est parfaitement cohérente avec celle des Six, c'est-à-dire des trois Européens, des Chinois et des Russes, et naturellement des Etats-Unis. Elle est la suivante :
Premièrement, il est toujours souhaitable de trouver une solution à une crise par le dialogue. On ne peut pas toujours réussir. Mais il faut privilégier le dialogue. D'où l'idée, que j'ai eu l'occasion de développer déjà, qui est tout à fait cohérente avec celle de nos cinq partenaires, de mettre en place rapidement un ordre du jour sur ce qui pourrait être une négociation. Cette négociation serait entre les Six, conduite par exemple par M. SOLANA, et l'Iran. A l'ouverture de la négociation, je dirais en guise de geste de bonne volonté, les Six décideraient que, jusqu'à la fin de la négociation, ils n'adresseraient pas de demandes au Conseil de sécurité. Donc pas de sanction. La partie iranienne annoncerait que, pendant la durée des négociations, l'Iran interromprait ses activités litigieuses, ses activités d'enrichissement d'uranium.
A la fin de la négociation, ou bien on a réussi, tout le monde est satisfait, les Six ne parlent plus de la résolution 1696, et l'Iran arrête définitivement son enrichissement d'uranium. Ou alors, au contraire, on ne s'est pas entendu et à ce moment là chacun retrouve sa liberté, de part et d'autre.
C'est une solution dont je me suis entretenu ce matin longuement avec le Président des Etats-Unis. Nous sommes tout à fait sur la même ligne dans cette affaire.
QUESTION J'ai une question spécifique à vous poser sur le Tribunal international, sur l'assassinat de Rafic HARIRI. Est-ce que ce tribunal peut aller jusqu'au plus haut niveau, même si cela implique un chef d'Etat ? Vous êtes-vous assuré auprès des Russes et des Chinois qu'ils avaient le même point de vue que vous sur la question ? Et puisque le tribunal a besoin d'un consensus libanais, avez-vous des préoccupations à ce sujet ? Est-ce que vous craigniez que ce tribunal ne puisse pas agir et que les assassins en sortent indemnes ?
LE PRESIDENT Il y a eu au Liban, je dirais, une forme de crime contre l'humanité qui s'est traduit par l'assassinat de l'ancien Premier ministre Rafic HARIRI et par une série d'assassinats ou de tentatives d'assassinat ou plusieurs victimes sont mortes et d'autres, notamment une de vos collègues, en sont restées sérieusement handicapées.
On ne peut pas, la communauté internationale ne peut pas, accepter des procédures de cette nature, quels qu'en soient les auteurs. D'où la demande et la décision prise par l'ONU de créer un tribunal international, ou une cour de justice internationale, peu importe le nom, qui aurait pour but de rechercher et de sanctionner les auteurs de ces crimes inacceptables.
C'est le Juge BRAMERTZ qui est chargé par la communauté internationale, c'est-à-dire, par l'ONU, de poursuivre les investigations. Ce qu'il fait avec toute l'indépendance, l'autorité et la compétence qui sont les siennes, qui sont internationalement reconnues. Le gouvernement libanais est en négociation pour les adaptations nécessaires, notamment à sa législation, pour la mise en uvre de ce tribunal. Je crois que ce sera fait sans difficulté. Je n'imagine pas qu'on puisse réellement contester une démarche de cette nature. Quant à nos partenaires, je ne sais pas pourquoi vous avez cité les Chinois, qui n'ont pas fait la moindre observation sur ce point. Les Russes à ma connaissance non plus. Je peux vous dire que je reçois pour un dîner de travail le Président POUTINE vendredi. Puisque vous avez un doute, j'aurai l'occasion de le lui faire écarter.
QUESTION Permettez-moi de revenir sur l'Iran. L'Iran, à plusieurs reprises, a ignoré les offres de coopération. Avez-vous des raisons de penser qu'il est aujourd'hui prêt à collaborer si la menace des sanctions recule, si elle s'estompe avec cette perspective de négociations et combien de temps les Six sont ils prêts à attendre que l'Iran suspende ses activités d'enrichissement de l'uranium ?
LE PRESIDENT Nous sommes engagés dans la négociation, et donc dans le dialogue. On ne va pas commencer par mettre une limite, à quelques heures près, n'est-ce pas ? C'est le processus que nous avons engagé, je souhaite qu'il arrive à son terme.
QUESTION Monsieur le Président, il y aurait une réunion jeudi du Conseil de sécurité sur le Moyen-Orient. Il n'y a jamais eu de réunions ministérielles sans déclaration du Président, y aura-t-il une déclaration de la présidence du Conseil ?
LE PRESIDENT Je n'en ai aucune idée. Il vaudrait mieux que vous le demandiez à la présidence du Conseil.
QUESTION Au sujet du Liban, pourquoi avez-vous mis tant de temps avant d'envoyer vos troupes au Liban ? Deuxièmement, est-ce qu'il serait possible de discuter directement avec l'Iran, la Syrie et le Hezbollah pour pouvoir désarmer et avoir enfin la paix ?
LE PRESIDENT Vous me dîtes, vous avez hésité à envoyer des soldats français. Ce n'est pas vrai. L'ancienne Finul, il faut bien le dire, obéissait à des règles très peu exigeantes, adaptées d'ailleurs probablement à la mission qui était la sienne.
A partir du moment où on a voulu assumer une mission nouvelle, ou on a décidé le principe d'une Finul rénovée et élargie pour soutenir au sud Liban le déploiement de l'armée libanaise et lui permettre d'assurer son autorité sur la totalité de son territoire, il était indispensable d'obtenir que la Finul ait des règles d'engagement, des règles stratégiques qui soient clairement exprimées. J'ai donc immédiatement pris contact avec le Secrétaire général de l'ONU et avec M. GUEHENO, qui est le Secrétaire général adjoint en charge du Département des opérations de maintien de la paix auprès de l'ONU, en leur disant que j'étais naturellement d'accord pour envoyer des forces françaises, mais qu'il fallait que nous soyons d'accord sur les modalités d'engagement de ces forces, et sur la manière dont elles devraient intervenir, et se protéger, si elles étaient, le cas échéant, d'une façon ou d'une autre, agressées. Je n'allais pas décider dans la précipitation d'envoyer des soldats français sans avoir pris l'assurance qu'ils pourraient normalement se déployer, et se défendre, et agir. Le jour où j'ai eu l'accord du Secrétaire général et du Département des opérations de maintien de la paix, immédiatement, en accord complet avec M. PRODI, car nous étions sans cesse en communication, nous avons décidé d'envoyer nos soldats. Voilà.
Sur votre deuxième point, Il est vrai qu'il n'y a pas de pays et a fortiori pas de démocratie qui n'ait pas l'autorité sur la totalité de son territoire. Il y a donc une incompatibilité fondamentale entre le principe même de l'autorité de l'Etat et l'existence, quelles qu'en soient les raisons, de milices. Ce qui implique que ces problèmes soient réglés, compte tenu de la situation intérieure, par un processus libanais.
Je vous remercie.
Modifie par Modifié par Galeric le 20/09/2