11/02-2007 à 17:56
pire que la féminisation :
la "neutralisation" bien pensante et fortement marquée d'idéologie droitière néo conservatrivce anglo-saxonne.
Exemple archétypique, les funestes "droits humains" (calque bêta de "human rights") dont se goberge désormais Marie-Ségolène (et hélas, bien d'autres).
On en est parvenu au niveau où la prochaien édition "politiquement correcte" de "L'Origine de l'Homme"
( "The Descendance of Man", souvent traduit stupidement du reste "la Descendance de l'Homme", si, si, je l'ai lu dans des articles...) de Darwin sera rebaptisée "L'Origine de l'Humain"...
Après tout, le Musée de l'Homme est en train de disparaître au profit de celui des "Arts premiers"
(ah oui, "premier" parce que "primitif", ça fait trop primitif, sans doute.
Donc, je pressens que dans un avenir imminent, les "primates" disparaîtront à leur tour au profit de "primo-humains" sans doute, au grand dam de Serge Reggiani qui n'y retrouvera plus son cher Pithecanthropus erectus...
Pour en revenir à la féminisation, qui nous abreuve déjà de députées, mairesses, écrivaines (pour certaines, j'aurais volontiers proposé : écrivasses...), sans oublier les docteures (qui ne sont pas des doctoresses) ou des ambassadeuses (qui ne sont pas des ambassadrices)...
Mais après tout, cela a commencé avec De Gaulle et son "Françaises, Français" (je préfère de beaucoup le "mes chers compatriotes" giscardo-chiraquien, plus neutre et rapide), dont le versant gauchisant est l'inénarrable "travailleuses, travailleurs" d'Arlette, tournures crétinisantes auxquelles avait fort bien su répondre Pierre Desproges avec son fameux : "Françaises, Français, Belges, Belges, public chéri mon amour", de bien plus haute tenue.
Le comble du ridicule étant (à l'inverse) atteint par les sages-femmes de sexe masculin que certains cuistres ignorant tout de la langue et de la gynécologie se sont proposés de rebaptiser sages-hommes
(du reste, il n'est que d'entendre les gloussements crétins des journalistes, chaque fois que l'on évoque cette profession, soulevant ce qu'ils croient être un paradoxe...)
Eh non, messieurs les ignares (vous noterez que je n'ai pas dit "mesdames, mesdemoiselles, messieurs, mesdamoiseaux", trop, c'est trop), un ou une sage-femme est un spécialiste/soignant (sage) qui s'occupe des... femmes en couches... tout comme un (ou une) oto-rhino s'occupe des oreilles et du nez, et un ou (une) proctologue de... "la porte de sortie" (c'est l'étymologie grecque du terme), et un (ou une) gynécologue, des femmes.
A ce titre un (ou une !) sage-homme ne pourrait être qu'une variété d'andrologue...
Je l'avai déjà noté ici : c'est la même confusion entre action et objet de l'action qui fait dire "alunir" pour atterrir sur la Lune (moon LANDing en anglais).
La confusion en français venant de ce que terre et Terre son homonyme - ce que ne sont pas "earth" et "land" ou "ground" en anglais).
Atterrir, c'est toucher terre, (sans majuscule) et par extension de la marine à l'aéronautique, se poser sur la terre ferme, à la différence d'amerrir (se poser en mer).
et selon la même construction qu'aborder (venir bord à bord, toucher bord d'un bateau) ou accoster (toucher la côte).
Donc, on ATTERRIT sur la Lune ou sur Mars... ou sur n'importe quel caillou.
Du reste, les amateurs de BD doivent se souvenir d'une aventure de "Jeannette Pointu", de Wasterlain, parue dans Spirou (et républiée chez Dupuis) où la jeune aventurière participait à une mission européenne sur Mars et se posait doctement la question de savoir comment "Amarssir" (et incidemment si ce barbarisme prenait un ou deux "s")....
Dans ce cas, prévoir, Ajupiterir, Asaturnir, Avénuser, Amercurier sans oublier, Aleuroper, Atitaniser et autres astéroïdiser, peut-être... !
Tout au plus pourra-t-on ergoter sur l'emploi d'atterrir pour une planète gazeuse dépourvue de terre ferme... amerrir sera sans doute plus approprié, mais on n'en est pas encore là.
PS : pour les amateurs de scrabble et autres jeux de mots, notons que si Alunir est un mot laid (et poilu),
aluner est de fort noble aloi, puisqu'il veut dire "passer à l'alun".