06/02 à 17:07 tout juste sorti de la salle (UGC Gare de Lyon).

(et c'est peu de le dire)
Non seulement, ça fait peur (de ce côté, on sursaute)
mais en plus c'est intelligent, malin, avec quelques petites touches d'humour et ça réussit même à être émouvant : on arrive à s'attacher à ces personnages peut-être justement à cause même de leur banalité.
Mais, contrairement au coeur de cible visé, je ne pense absolument pas que ce soit un film pour les 15-25 ans : il y a là-dedans des tonnes d'allusions et de clins d'oeil (à la David Lynch ou John Carpenter) qui ne pourront que ravir les cinéphiles aguerris (et pas seulement les amateurs de films de monstres, de guerre, de catastrophe ou de SF.
Curieusement, la salle était à peu près déserte, à part une vingtaine de lycéens/lycéennes bouffeurs de pop-corn et dans l'ensemble assez niais, pour qui manifestement, le film et son traitement sont passés largement au-dessus de la casquette.
Certains ont réussi à sortir avant les trente dernières secondes (because un noir image voulu) qui sont justement celles qui rendent le film attachant et émouvant (*).
Et bien entendu, toute la salle s'est levée en choeur avant le générique de fin. Ce qui (outre le manque de respect pour les gens qui se sont investis pour créer ce film et les distraire une heure et demie, mais ça, apparemment, tout le monde s'en tamponne), leur a fait manquer la seule bande son du film (puisque tout le reste est en "son réel", donc sans la moindre musique additionnelle), un magnifique morceau de dix minutes (**) qui s'appelle "ROAR - Cloverfield Overture" et qui à lui seul est également un hommage aux musiques de genre et en particulier les superbes suites du compositeur nippon Akira Ifukubé pour Godzilla.
(*) et qui, cerise sur le gâteau, révèlent un détail essentiel de l'intrigue... Mais bon, il faut avoir vu le film au moins deux fois (ce qui est déjà mon cas) si l'on n'est pas prévenu.
Bon, à présent, vous êtes prévenus.
(**) composé par Michael Giacchino à qui l'on doit également les musiques de Jurassic Park, Lost, mais aussi de Ratatouille et du prochain Star Trek.
Autre indice "amusant" : sur le pont de Brooklyn, juste avant qu'il ne dégringole, Hud croise avec son camescope un autre pékin affolé qui filme lui aussi (du côté de la Statue de la Liberté décapitée et du pétrolier échoué... peut-être le "cadreur" de Cloverfield 2...
Autre indice encore : à la toute fin des fins de la zik du générique, on entend un bruit, comme un souffle (ou un râle).
De petits malins se sont empressés de l'enregistrer : passé à l'envers, on entend distinctement "IT'S ALIVE !"
Bref, avant même le tournage d'une éventuelle suite, je salive déjà à l'idée du dvd director's cut avec ses tonnes de supplément (ne serait-ce que toutes les vidéos de l'accident de la plate-forme de Tagruato ou tout ce qui a trait à Slusho et au "nectar des profondeurs" qui bien sûr n'apparaissent pas du tout dans le film - à part le désormais fameux t-shirt Slusho...
(d'autant que le buzz internet et les sites continuent... Ainsi, sur FaceBook, la fiche perso de Hud indique qu'il a drastiquement réduit de taille (on comprend pourquoi, hélas pour lui, lorsqu'on a vu le film).
Autres séquences à analyser quasiment image par image, celles du magasin de télé (quand rOB cherche désespérément un accu de rechange pour son nokia) : c'est là qu'on voit des tonnes d'écran de télé diffusant toutes les chaînes d'info en continu... là aussi, des flopées d'indices sur le monstre et ses parasites...
Modifie par johannis le 14/02/2008 à 20:30